8 juin 2009, 01h05 (Actualisé le 8 juin 2009, 15h08). Article lu 1217 fois.
Kiil-Nielsen : "Je n’avais pas envisagé être élue députée européenne"
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Ce dimanche soir, l'écologiste Nicole Kiil-Nielsen a été élue députée européenne.
La Rennaise Nicole Kiil-Nielsen, deuxième sur la liste Europe écologie dans la circonscription Ouest, a gagné son siège de députée. Ancienne adjointe au maire de Rennes, leader des Verts lors des municipales 2008, elle tient sa revanche politique. Entretien.
Le Mensuel de Rennes : Nicole Kiil-Nielsen, en vous levant ce dimanche matin, que vous êtes-vous dit ? Nicole Kiil-Nielsen, deuxième sur le liste Europe écologie dans la circonscription Ouest : « Très franchement, je n’y croyais pas. J’espérais 10 % au niveau national. Sur notre circonscription, vu que nous avions un siège de député en moins, je comptais simplement sur l’élection de Yannick Jadot, notre tête de liste. Point barre. »
Finalement avec 16,64% des voix sur la circonscription Ouest, vous êtes élue députée européenne… « Je n’en reviens pas. Je n’ai pas l’habitude de gagner… Je me suis toujours battue pour les Verts. Depuis plus de vingt ans, je n’ai jamais changé de camp, de convictions ou de valeurs. Aujourd’hui, ça paie. »
A Rennes, Europe écologie (27,4%) devance largement l’UMP (21,87%), lui-même devant le PS (19,81%)… Comment analysez-vous ce résultat ? « L’analyse ne s’arrête pas à Rennes. Nous avons toujours été des lanceurs d’alertes. Depuis, les mentalités ont changé. Les citoyens ont compris qu’il fallait repenser notre mode de vie, de consommation... Il y a toujours un blocage chez les politiques. Ils avancent cependant en s’appropriant nos idées. Mais entre les discours et les faits, il y a un gouffre. Localement, certains élus défendent encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes quand il faudrait réduire le trafic aérien... Les Verts ont prouvé qu’ils étaient des militants sérieux, capables de mettre en application leurs discours. »
Pour vous, ancienne adjointe au maire de Rennes, candidate malheureuse aux dernières municipales, cette soirée ressemble à une revanche... (Elle sourit) Ça fait plaisir. A vrai dire, plus aux militants qu’? moi. Cette élection est un signal envoyé au PS et à l’UMP. Ils doivent comprendre qu'ils ne sont plus seuls. Le modèle à l’américaine avec seulement deux partis est fini. Lorsque je vois au conseil général qu’il n’y a pas d’écolo et qu'il n'y a que sept femmes sur 53 élus… je me demande comment le citoyen peut se sentir représenté. C’est n’importe quoi. Il faut que tout cela change ! »
Le groupe Rennes Métropole écologie, composé d'anciens Verts s'étant rangés auprès du PS lors de la campagne municipale 2008, salue les résultats de votre liste. Qu’en pensez-vous ? « Tant mieux s’ils se rendent compte qu’ils se sont plantés l’année dernière. Pendant les municipales, la droite à Rennes n’était pas menaçante. Il était possible de mener une liste verte autonome. Ils ont préféré aller contre le vote des militants et rejoindre le PS... La traîtrise fait partie du monde politique. Nous défendons une étique politique. Je ne leur en veux pas spécialement. Les militants, probablement. »
B.K.