20 novembre 2009, 09h02 (Actualisé le 21 novembre 2009, 13h10). Article lu 489 fois.
Incertitudes autour du budget de Rennes Métropole
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"Le métro est une machine à augmenter les impôts" s'est emporté Bruno Chavanat, leader de l'opposition.
Ce jeudi soir au conseil de Rennes Métropole, les grandes orientations du budget 2010 ont été présentées aux élus. La majorité estime que le projet de réforme de la fiscalité locale plonge les collectivités dans une « grande incertitude financière ». Malgré cela, l’agglomération prévoit que son budget 2010 équivaudra à celui de 2009.
« Par les temps qui courent, en matière de fiscalité locale, il est difficile de se projeter à un an », s'inquiétait Jean-Luc Chenut, vice-président de l’agglomération, ce jeudi soir. A l’heure du débat d’orientation budgétaire à l’hôtel de Rennes Métropole, l’annonce gouvernementale de supprimer la taxe professionnelle fait l’objet d’un débat animé. « L’état annonce qu’il compensera la perte de cette taxe », martèle Jean-Luc Chenut. Sur la base d’un budget de 150 millions d'euros, Rennes Métropole envisage de perdre 30 millions d’euros de prélèvements directs. « Une somme que le gouvernement s’engage à compenser, souffle le vice président chargé des finances. D’une part, il est d’ores et déj? annoncé que cette somme n’augmentera pas. D’autre part, nous allons perdre notre autonomie. Enfin, non seulement il faut regarder notre budget mais aussi évaluer les effets collatéraux sur nos voisins : conseil général et Région... » La suppression de la taxe professionnelle est un enjeu de taille pour l’agglomération, qui tire 50% de ses ressources totales de cet impôt. Pour compenser ce manque à gagner, l’Etat transférerait ce que le département percevait jusqu’? présent en impôts locaux.
Le métro, une machine à augmenter les impôts ?
Malgré cette réforme, l’agglomération prévoit que son budget 2010 équivaudra à celui de 2009. L’an prochain, Rennes Métropole devrait investir 130 millions d'euros, dont 46 millions dans le logement. La collectivité passera également à la vitesse supérieure en matière de provisions pour ses futurs investissements. A l’horizon 2013, de lourds travaux démarreront : Euro-Rennes, rénovation du couvent des Jacobins, mais aussi les travaux de la ligne à grande vitesse et la deuxième ligne de métro. « Nous prévoyons de passer de 16 à 65 millions d’euros au budget transports en huit ans. Le métro ? C’est une machine à augmenter les impôts, s'est emporté Bruno Chavanat, leader de l'opposition de droite au conseil d'agglomération. Quand on dépense autant d’argent, on peut se demander si les arbitrages sont les bons. Dans les années à venir, il faudra aussi soutenir la collaboration avec Nantes, les universités rennaises, soutenir le tissu économique etc. Enfin, vu le contexte actuel, notre agglomération ne se porte pas particulièrement mal. » Ce à quoi Jean-Luc Chenut a rétorqué : « Pour Rennes Métropole, c’est moins pire que les conseils généraux. Mais il plane tout de même de réelles incertitudes. »
Claire Staes