"Les Rennais nous demandent souvent pourquoi la police n'interpelle pas les petits dealers du centre-ville. Eh bien, aujourd'hui, vous avez une réponse." Avec un brin de fierté, Didier Gavard, patron de la Sûreté départementale, évoquait le travail de ses hommes, les policiers de la brigade des stupéfiants. En enquêtant plusieurs mois sur les dealers de la place Sainte-Anne et de la place de la République de Rennes, les inspecteurs ont trouvé un appartement qui servait à entreposer de petites quantités de drogue. Situé à proximité du centre-ville, les dealers s'y reposaient et venaient se ravitailler en barrettes de résine de cannabis, doses d'héroïne, cocaïne ou ecstasy. "Ainsi, ils repartaient vendre en ville sans transporter de grosses quantités sur eux, décrypte un enquêteur. Lors des éventuelles interpellations, cela leur permettait d'argumenter que ce n'était que pour leur consommation personnelle."
3 kg d'héroïne, 6 000 cachets d'ecstasy
En approfondissant leurs enquêtes, les policiers ont découvert que cet appartement était alimenté par un autre "lieu de dépôt", situé dans une petite commune à une quinzaine de kilomètres de Rennes. "Cet appartement était à l'abri des regards, il y avait peu d'allers et venues...", poursuit le responsable des opérations. Pourtant, d'importantes quantités de drogues y ont été saisies. Au total : 3 kg d'héroïne, 150 g de substance servant à couper la drogue, 50 g de cocaïne, 5 kg de résine de cannabis, 500 g de méta-emphétamines, 6 000 cachets d'ecstasy ou encore 4 500 € d'argent liquide. La valeur totale de la saisie à "Difficile à dire, souffle un policier. Tout dépend de la qualité de la drogue, du marché, si on parle de valeur d'achat ou de prix à la revente..." Une chose est sûre : le prix de cette saisie dépasse la centaine de milliers d'euros. "Cette affaire démontre la présence importante d'héroïne dans le département. D'ailleurs, il est probable que cette cache n'alimentait pas que le marché rennais mais une partie du marché breton."
Au total, lundi, neuf personnes ont été interpellées. Huit ont été relâchées à l'issue de leur garde à vue. Originaires de la banlieue parisienne, la plupart sont connus pour des faits similaires. Le suspect principal a été présenté ce vendredi après-midi au parquet de Rennes,après 96 heures de garde à vue. D'origine africaine, cet homme de 31 ans a été écroué. Un juge d'instruction a été saisi et une information judiciaire ouverte.
Claire Staes
RÉAGIR