À Rennes, le samedi 31 juillet 2010, 20h55.
publicité
Fait-divers
Trafic de drogues : un nouveau réseau rennais démantelé

Au commissariat de la Tour d'Auvergne, ce samedi (photo Le Mensuel).

Mercredi matin, une centaine de policiers rennais ont arrêté seize trafiquants présumés de drogues. Après un an de travail, les enquêteurs ont mis hors service un véritable réseau qui inondait la place rennaise de cannabis et d'héroïne.
Cinq kilos de résine de cannabis et 2 500 € trônent sur la table du commissariat de la Tour d'Auvergne de Rennes. « Ces quantités sont peu révélatrices. Ce n’est que la surface de l’iceberg », assurent les enquêteurs rennais ce samedi après-midi en marge de leur conférence de presse. Les policiers préfèrent pointer le véritable « réseau » qu’ils ont mis hors service en milieu de semaine. Un an d’enquête Mercredi, six heures du matin, les forces de l’ordre sont mobilisées aux quatre coins de Rennes pour une intervention coup de poing. Une centaine d’enquêteurs du Groupe d’intervention, du BRI de Nantes, du GIPN, de la gendarmerie… ont pour mission de « cueillir » seize personnes au réveil. Une dizaine sont déj? connues des services de police. Cette intervention conclut un an d'un travail du Groupe d’intervention régional (Gir) et de la sûreté départementale. « En février 2009, nous avons eu connaissance d’un trafic inondant Rennes. Nos investigations ont été longues car les personnes communiquaient dans un dialecte marocain », explique Serge Le Ny, le commandant du groupe d’intervention régional. Bref, les écoutes téléphoniques ont mis du temps à être décodées. Les policiers ont privilégié la mise à jour de "l’organigramme" du réseau présumé, plutôt que de se précipiter à interpeller à tout-va. Ils évoquent une « entreprise bien structurée avec une tête de pont ». Selon les policiers, "la tête pensante" de l'organisation serait un homme d’origine maghrébine, la quarantaine, déj? interpellé en 2003. « Il se gardait bien d’approcher les produits. Lorsque nous l’avons interpellé, il était très serein. Il ne se doutait pas que nous avions un an de travail derrière nous », se targue Didier Gavard, patron de la Sûreté départementale. A en croire les policiers, ce gros bonnet présumé, détenteur de 17 téléphones portables, « tenait son trafic d’une main de fer en exerçant de grosses pressions sur ses collaborateurs ». Les autres personnes interpellées : ses lieutenants, convoyeurs de produits entre Rennes, les Pays-Bas, l’Espagne et le Maroc, et stockeurs de marchandises… Les quantités de drogues saisies par la police restent modestes. Les enquêteurs expliquent : « Les trafiquants travaillaient à flux tendu. Ils préféraient se ravitailler plusieurs fois par mois à raison de cinq à dix kilos de produits plutôt que de stocker des quantités énormes. » La suite de l’enquête devrait mettre à jour l’importance exacte du trafic. Un quatrième "gros coup" en deux mois Après 96 heures de garde à vue, six personnes ont été déférées dans l'après-midi devant le juge d’instruction. Deux ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire et trois écrouées. Une autre personne est encore dans les locaux de la police rennaise à l'heure où nous écrivons ces lignes. Dans la guerre entre policiers et dealers (lire le Mensuel de Rennes actuellement en kiosques), cette affaire sonne comme une nouvelle victoire des forces de l’ordre. Ces dernières semaines, les enquêteurs rennais ont multiplié les coups de filets. Mi-décembre, neuf personnes avaient été interpellées. Trois kilos d’héroïne et 6 000 cachets d’ecstasy avaient été confisqués aux trafiquants. Début janvier, les policiers de Nantes avaient mis la main sur deux jeunes en possession de 350 kilos de cocaïne à destination du marché du grand-Ouest. Fin janvier, le GIR avait interpellé 27 personnes, saisi 1,6 kg d'héroïne et mis un terme à un trafic qui portait sur des "centaines de milliers d'euros". Benjamin Keltz



Aucune réaction.
RÉAGIR
*
*
*
*Informations obligatoires.

La lettre d'info

DIXIT...

Mickaël Pagis, attaquant du Stade rennais
publicité