18 février 2010, 18h57 (Actualisé le 18 février 2010, 19h26). Article lu 564 fois.
Travelling 2010 : « Notre objectif est atteint »
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Eric Gouzannet, satisfait de l'édition 2010 de Travelling et déj? tourné vers le Mexique (photo Le Mensuel).
Eric Gouzannet, directeur de l'association Clair Obscur, organisatrice de Travelling, dresse un bilan positif de l'édition 2010 du festival. Déj? , les esprits sont tournés vers Mexico...
Le Mensuel : La 21e édition de Travelling s'est achevée mardi. La fréquentation a été meilleure que l'an passé avec 2 000 entrées supplémentaires. Comment expliquez-vous cette réussite à Eric Gouzannet : Nous sommes satisfaits de cette édition. Deux choses expliquent l'augmentation de la fréquentation, au-del? de l'intérêt du public pour la Turquie et sa cinématographie. D'abord, le lieu : L'Etage, au Liberté. Après sept années d'itinérance, le retour dans un lieu identifié en centre-ville a permis de renforcer la visibilité du festival et le rapport au public. De fait, nous avons quelques regrets sur la baisse du taux de fréquentation des années précédentes, due à ces déplacements. Ensuite, la communication. Cette année, nous avons développé une communication plus accessible avec des livrets gratuits, largement distribués. Travelling a également été relayé dans les médias nationaux, Libération, Le Monde, France Culture...
Quel type de public avez-vous touché ? Les publics sont assez variés, jeunes et moins jeunes, cinéphiles ou non. Nous veillons à ce que tout le monde puisse avoir accès au festival avec, notamment, des tarifs préférentiels à 2 € pour les plus précaires. Nous menons des actions de médiation auprès des scolaires, des foyers de jeunes travailleurs et avec six associations des communautés turques et kurdes de Rennes. Nous avons souhaité les associer en tant qu'acteurs du festival, dans une dynamique d'ouverture et de curiosité, au-del? du simple partage de gâteaux et de thé. Ils ont été autant spectateurs que participants aux débats ou organisateurs de concerts. Notre objectif est atteint et les échanges culturels se développent.
Des projets vont-ils émerger dans le prolongement de cette édition ? Le travail fait avec les associations turques et kurdes nous a donné envie de continuer avec elles, notamment en terme d'éducation à l'image. De même, à partir d'avril, Istanbul sera capitale européenne de la culture. A cette occasion, les portraits d'habitants réalisés à Rennes par un photographe turc seront exposés. Des projections sont aussi prévues. Une partie de la programmation de Travelling sera reprise lors du Festival international d'Istanbul, en avril. Un film d'animation coproduit entre nos deux pays pourrait aussi voir le jour. Les ponts sont créés...
En 2011, ce sera « Viva Mexico ». Quelles sont les raisons d'un tel choix à Comment s'annonce cette future édition ? Le choix du Mexique a été fait il y a déj? presque trois ans. Le Mexique offre un patrimoine riche du point de vue cinématographique. Nous avons déj? eu une réunion au ministère de la Culture. La prochaine édition de Travelling se déroulera lors de la Saison du Mexique en France et sera l'un des premiers événements dans ce cadre. L'une de nos collaboratrices est déj? à Mexico pour travailler sur le projet.
Le budget 2010 s'élève à 600 000 €. Qu'en est-il pour 2011 ? Dans ce contexte économique fragile, les financeurs publics n'annoncent pas de baisse des subventions, hormis le conseil général. Nous souhaitons augmenter le budget en 2011 et nous travaillons activement à la recherche de financements et à la sensibilisation des partenaires. Ce ne sont pas les projets qui manquent. Reste à trouver les moyens...
Clair Obscur est signataire de la charte des festivals engagés dans le développement durable et solidaire en Bretagne. Comment cet engagement se traduit-il dans l'organisation? Nous axons essentiellement notre réflexion sur le pilier social du développement durable, en termes d'accès à la culture pour tous. Nous appliquons des tarifs abordables de 2 €, notamment grâce à la contribution des « amis du festival». Le système est simple : les 23 points de vente (commerces, restaurants, librairies...) s'engagent à appliquer un prix de vente de 2 € et nous reversent 1 € en compensation pour chaque place vendue. Parallèlement, nous menons des actions de médiation culturelle et d'accompagnement des publics, notamment auprès des écoles.