À Rennes, le samedi 31 juillet 2010, 20h36.
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Expo
« Photographier les Inuits pour accompagner leur retour sur la scène internationale »

Pierre de Vallombreuse expose aux Champs libres, jusque fin août, son travail sur les Inuits (photo B.O.).

Depuis ce mardi, les Champs libres accueillent une exposition du photographe Pierre de Vallombreuse sur les Inuits. Celle-ci est programmée dans le cadre de son projet "Hommes racines".
  Le Mensuel : Après des expositions sur les Gwitchins (2008),  les Aymaras (2009), le voyage continue avec de nouvelles photos des Inuits du Groenland. D'où vient cet intérêt pour les peuples autochtones ?
Pierre de Vallombreuse : Au début de ma carrière, je pensais faire du dessin de presse et de la BD. Puis, mon voyage à Bornéo (Indonésie) a été un choc. A partir de l? , j'ai préféré vivre les histoires plutôt que de les raconter de chez moi. Je travaille depuis 25 ans sur les peuples autochtones. C'est un moyen d'explorer l'état de la planète sur différents aspects : politique, social, environnemental... Chaque peuple apporte une vision de la vie sur terre. Je me bats pour le respect des différences et la diversité culturelle. Ces voyages sont ma manière de montrer les dysfonctionnements dans notre propre culture.
L’ambition de mon travail était d'accompagner le retour de ce peuple sur la scène internationale. Un récent référendum leur a ouvert le chemin vers l’indépendance par rapport au Danemark. En parallèle, ce projet s'est inscrit au moment du sommet de Copenhague sur l'environnement. Au Groenland, le réchauffement climatique est le plus tangible.

Qu'avez-vous retiré de votre séjour au Groenland ?
Pour ce voyage, j'avais déj? des contacts sur place. Ça facilite les choses. J’y suis resté plusieurs mois. La communauté des Inuits représente 60 000 personnes pour une surface de pratiquement trois fois la France ! Ils vivent principalement sur les côtes.  Dans les terres, la température peut descendre jusqu'à –70°C. Les Inuits sont habitués à vivre dans des conditions extrêmes. Mon regret est de ne pas avoir pu partir plusieurs jours avec eux en traineau car je m'étais tordu la cheville.

Pourquoi avoir choisi le noir et blanc ?
Le noir et blanc convient mieux à ma sensibilité actuelle. Dans le parcours de «Hommes racines », j'avais fait le choix du noir et blanc et de la couleur. Je suis resté sur le choix du noir et blanc pour donner une unité à ce cycle. Cela dépend des sujets. Je travaille en cours sur une banlieue parisienne qui n'est qu'en couleurs.

Après les Inuits, quels sont vos projets ?
Ma prochaine destination sera l'Amérique du Nord auprès du peuple amérindien, les Navajos. L'une de mes portes d'entrée a été un groupe punk rock, activiste et engagé. Pour la suite, j'ai trois pistes pour l'Afrique et un projet au Moyen-Orient. Tout cela relève de la prospection pour le moment... Pratique Expo aux Champs libres, 10, cours des Alliés, à Rennes. Le mardi, de 12 h à 21 h, du mercredi au vendredi de 12 h à 19 h, fermeture le lundi et jours fériés. Entrée gratuite. Les photographies sont exposées dans les escaliers de la bibliothèque.

B.O.



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