4 mars 2010, 15h57 (Actualisé le 4 mars 2010, 16h02). Article lu 407 fois.
Régionales : le Front national espère réconcilier les Bretons avec ses idées
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Jean-Paul Félix (photo Cédric Wachthausen).
Traditionnellement "faible" en Bretagne, le parti de Jean-Marie Le Pen aimerait jouer les trouble-fête lors des prochaines régionales. Objectif : 12% des voix.
« Râler c’est bien… Voter c’est mieux ! » Voici le slogan, écrit en lettres capitales au-dessus du portrait de la tête de liste Jean-Paul Félix, qui orne l’affiche de campagne du Front national. Ces huit mots symbolisent la stratégie du « Front » pour les élections régionales des 14 et 21 mars prochains, en Bretagne comme ailleurs : séduire les mécontents, quels qu’ils soient. Electeurs de droite déçus par le Sarkozysme, ex-sympathisants frontistes ralliés à l’UMP en 2007, abstentionnistes de tout poil, victimes collatérales de la crise économique… Le FN ratisse large et ne s’en cache pas.
« La Bretagne vaut bien les banlieues ! »
Pour tirer son épingle du jeu en 2010, le parti joue la carte de la « préférence bretonne ». Le sexagénaire Jean-Paul Félix, originaire du Morbihan à l’instar de Jean-Marie Le Pen, prévoit de développer les infrastructures économiques et de créer des « zones franches »en centre-Bretagne, comme dans certains quartiers difficiles d’Ile-de-France. « Parce que la Bretagne vaut bien les banlieues ! », lance-t-il, dans un ricochet verbal très « lepenien ». Autre projet phare : la mise à plat de toutes les subventions accordées aux associations. « Je ne suis pas contre les subventions culturelles, affirme Jean-Paul Félix. Mais il y a un tas de structures qui réalisent des achats démentiels aux frais de la région. » Par ce biais, notamment, le FN souhaite enrayer l’augmentation de la fiscalité régionale, un des griefs que le parti formule à l’encontre du président sortant Jean-Yves Le Drian. « La fiscalité a explosé. Le PS et l’UMP sont complices de cette augmentation », s’indigne la tête de liste, qui reconnaît quelques points positifs dans la « gestion Le Drian » (transports en commun, etc.), mais s’empresse d’ajouter : « Durant ce mandat, la gauche a été dépassée. Peut-être parce que les élus n’ont pas la culture des dossiers… Je pense aux algues vertes, par exemple. »
« Police des lycées »
Pour faire face aux problématiques environnementales, Jean-Paul Félix souhaite développer les éoliennes en pleine mer et l’énergie hydraulique. Jadis plus enclin à dérouler le diptyque sécurité-immigration, le FN, comme d’autres, a senti tourner le vent vert. Il intègre désormais des considérations « écologiques » dans son programme. Pas question, pour autant, de laisser tomber les thématiques de prédilection : la création d’une « police des lycées » est prévue afin de « sécuriser » les établissements secondaires bretons. « Je suis très confiant »
Objectif du parti : atteindre les 10% et se maintenir au second tour pour imposer un rapport de force à droite. Officiellement, les caciques du Front national visent 12% en Bretagne. Jean-Paul Félix veut y croire : « Je suis très confiant. Ce ne sera pas facile, mais je ne vois pas ce qu’il y a de déraisonnable dans cet objectif quand on voit la politique de Sarkozy et le nombre de déçus qu’elle engendre… » Cette confiance de façade éclipse difficilement les obstacles à la progression du FN dans la péninsule. La Bretagne n’a jamais constitué un terreau très fertile pour le parti du clan Le Pen. En 2004, lors des dernières régionales, le « Front » n’avait récolté « que » 8,47% des voix. Six ans plus tôt, son score était à peu près identique. En 2009, en pleine déconfiture post-présidentielle, seuls 3,04% des électeurs bretons avaient accordé leur confiance à Brigitte Neveux, candidate du FN aux européennes.
N.L.Dans le cadre des élections régionales, Le Mensuel ouvre ses colonnes. Chaque jour, un article sera publié pour présenter l'ensemble des listes candidates à ce scrutin jusqu'à la veille du premier tour.