« Nous nous sommes engagés à vous dresser une évolution de la délinquance tous les semestres, nous nous y tenons », tance Michel Cadot, préfet d’Ille-et-Vilaine. A ses côtés, les patrons de la police, de la gendarmerie et du parquet. Tableaux de bord en main, ils décryptent l'évolution de la délinquance départementale. Au rang des indicateurs encourageants : la baisse du nombre d’atteintes volontaires à l’intégrité physique (-1,35% par rapport au premier semestre 2009, 2 345 contre 2377). Les escroqueries et infractions économiques et financières sont aussi moins nombreuses : -18,8%. 2 402 faits durant le 1er semestre 2010 contre 2 961 en 2009.
Autre satisfaction des forces de l’ordre : le poids de leurs interventions dites d’initiative. « Les chiffres s’envolent grâce à la présence et l’initiative de nos équipes », plaident gendarmes et policiers. Le nombre d'interpellations pour détention d’armes, de stupéfiants ou pour recel ont ainsi grimpé de 10% par rapport à l’année passée. L’activité de l’Utec, nouvelle équipe de proximité dans le centre-ville rennais inaugurée en septembre, a généré 685 interpellations lors de ce premier semestre.
Un réseau hyperactif de cambrioleurs
Le reste des données sont moins réjouissantes. Les tableaux de bord de la délinquance notent une explosion du nombre de cambriolages. 737 ont été recensés lors du premier semestre, générant une hausse de 45% par rapport au six premiers mois de 2009. Philippe Cussac, directeur départemental de la Sécurité publique, explique cette hausse par l'émergence d'un nouveau « phénomène ». Un réseau de professionnels venus des pays de l’Europe de l’est sévirait depuis plusieurs mois, notamment dans la capitale rennaise. Le patron de la police explique : « Ils ne frappent jamais au même endroit, ni dans le même quartier deux fois de suite. Ils préfèrent les immeubles de deux ou trois étages et agissent entre 11 h et 15 h. » Ces cambriolages seraient commandités par un réseau bien organisé. Les policiers ont remarqué que ces individus démontaient systématiquement le barillet de la porte d’entrée du logement visité, comme pour justifier de leur méfait auprès de leur supérieur.
Viols de jeunes mineurs en hausse
Autre point noir dans la capitale rennaise : la hausse du nombre d’agressions sexuelles, passé de 64 au premier semestre 2009 à 83 en 2010. Philippe Cussac lance « un appel solennel aux parents. Soyez vigilants ! La quasi totalité des victimes étaient des jeunes filles fortement alcoolisées et ne se rappelant plus ce qu’elles avaient vécu à leur réveil ». Les jeunes filles mineures seraient devenues la cible de « prédateurs qui guettent la sortie des bars et boîtes de nuit de l’hyper-centre rennais ».
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