« Je m'inscris en faux contre l'euphorie qui entourait le club ces dernières semaines. Dire que le Stade rennais peut jouer la Ligue des Champions, ce n'est pas de l'ambition, c'est de la prétention ! » En conférence de presse avant le match contre Arles-Avignon, Frédéric Antonetti a évolué dans le registre de la mise au point. Un des plus dangereux écueils du club, encore invaincu et troisième du classement, serait de vouloir trop, trop vite.
Un outsider très hypothétique
Le 0-0 décevant contre Saint-Etienne l'a presque conforté dans son analyse. Le bon nul contre Lille et la victoire à Nancy ne doivent pas occulter une donnée essentielle : « Nous sommes en début de cycle avec des bons joueurs et des jeunes. Cinq équipes sont, au niveau de leur potentiel, au-dessus des autres en France, et nous n'en faisons pas partie ». Après avoir passé presque deux mois auprès des joueurs, il semble y voir plus clair sur la destination du cru 2010-2011 : « Il faut être très humble. On aura fait notre travail si on finit sixièmes. » « L'équipe vaut 60 points environ », estime-t-il également. Soit, par exemple, 15 victoires, 15 nul et 8 défaites.
Frédéric Antonetti se garde de doucher tout enthousiasme, mais avec une avalanche ultra-précautionneuse de conditions. « Si l'équipe progresse, si Brahimi marque but sur but, si les attaquants s'entendent bien, si les joueurs rentrants apportent un plus et si l'on garde la même efficacité défensive, pourquoi pas voir plus haut, mais ce serait prétentieux de prétendre à plus. »
« On se réfugie dans le travail »
Ce discours est aussi un moyen de mettre ses joueurs au travail, qu'ils œuvrent notamment à cette récupération collective du ballon qu'il demande depuis la reprise. Contre Saint-Etienne, sa formation a péché face à une équipe regroupée. « Nous avons revu le match et les joueurs ont pris conscience qu'ils n'avaient parfois pas fait les bons choix. Nous étions face à un problème, une équipe jouant bas, et nous n'avons pas su le résoudre. » Seule planche de salut, pour le coach, le turbin : « On se réfugie dans le travail, sans écouter les éloges malvenus. »
Il a un exemple sous la main : Yann M'Vila, vingt ans, qui vient d'être rappelé en équipe de France et de prolonger avec Rennes jusqu'en 2014. « Je suis sur la bonne voie mais ça peut très vite redescendre, assure l'international. Il ne faut surtout pas de relâchement. » Et Antonetti d'espèrer que d'autres Rennais s'inspireront de leur collègue et de son attitude : « Il y a des places à prendre en équipe de France, et s'ils hissent haut les couleurs du Stade rennais, ils pourraient en récupérer ».
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