Guillemin : "Les Jeunes pop’ ne m’intéressent plus"
Il voulait devenir le patron des Jeunes pop', Matthieu Guillemin a finalement abandonné cet été. Depuis, le Grégorien était introuvable. A quelques mois des cantonales, l'ex-directeur de campagne de Bernadette Malgorn s'explique.

Le Mensuel : Vous voilà de retour. Cet été, vous vous présentiez à la présidence nationale des Jeunes Pop’. Finalement, vous avez déserté à quelques heures du scrutin. Que s’est-il passé ?
Matthieu Guillemin : La campagne a été longue et dure. Faire Rennes, Strasbourg, Marseille en 48 h… Ce n’est pas simple. Je me suis finalement retiré de la campagne. J’en avais marre de toutes les « gamineries » qui pourrissaient les débats. Je voulais faire du fond. Finalement, tous les candidats ne jouaient que sur les petites phrases… J’ai passé l’âge. A 18 mois des présidentielles, nous n’avons pas le droit de nous bagarrer bêtement. Certains trouvent cela rigolo, moi pas. Revenons sur terre, les Jeunes pop’ n’est qu’un mouvement de jeunes ! 

Les piques, les petites phrases, les coups bas… Vous ne découvrez tout de même pas ce qu'est la politique. L'UMP ne vous a-t-elle pas demandé de vous retirer ?
Lors de la précédente élection, il y a deux ans, cela avait été le cas. On m’avait demandé de laisser Benjamin Lancar devenir président. Je me suis tu et j’ai encaissé. Cette année, ça n’a pas été le cas. L’UMP nous a laissé nous débrouiller.

Le vendredi avant le dépôt des listes, j’ai tenté l’alliance « anti-Lancar » (actuel président du mouvement, NDLR) avec les cinq autres candidats. Soit nous alliions nos forces, soit nous le laissions gagner. J’ai eu affaire à une bande de gamins. J’ai alors préféré ne pas poursuivre et j'ai coupé volontairement les ponts. Je n'ai plus décroché mon téléphone. J’en avais marre d’être harcelé par la presse nationale en quête de petites phrases. Aujourd'hui, ce qui se passe chez les Jeunes pop’ ne m’intéresse plus. J’ai autre chose à faire de mes journées. J’ai un engagement local. Mes vraies élections se jouent ici.

Vous n’êtes pourtant pas impliqué localement. Vous pensez à vous présenter aux cantonales de mars prochain ?
Je ne serai pas candidat. Je l’avais été en 2007 sur le canton de Betton. Par contre, je suis prêt à filer un coup de main aux candidats qui peuvent avoir besoin de mes services.

Législatives 2012, municipales 2014… Faudra-t-il compter sur vous ?
On verra. Saint-Grégoire est derrière moi maintenant. Je me suis installé à Rennes. Je veux m’investir dans la capitale bretonne. J’ai rencontré Bruno Chavanat, leader de l’opposition municipale. Je lui ai fait part de mon envie de m’investir. Cette ville est capable d’entendre un autre discours que celui des socialistes. Ils se sont transformés en notables incapables de sortir de leur système. Avec un gros boulot de proximité, nous pouvons faire entendre une autre voix.

Mots clés :
Auteur : Benjamin Keltz
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