Daniel Delaveau, maire de Rennes, vient de taper un sérieux coup de poing sur la table, ce mardi. Devant la presse locale convoquée pour l'occasion, l'édile a intimé le préfet de "loger dignement" les demandeurs d'asile. Depuis plusieurs mois, quelque 150 étrangers s'abritent dans différents squats faute de place en structure d'accueil. "La situation des demandeurs d'asile qui ont trouvé refuge dans l'ancien funérarium est inacceptable au regard de la dignité humaine et préoccupante du point de vue de la sécurité des personnes et de la santé publique", a expliqué le maire de Rennes.
Après avoir appelé "solennellement" à un "infléchissement de la politique nationale", Daniel Delaveau a proposé un dispositif de secours au préfet. Pressée par un battage médiatique autour de la situation du squat de la rue Postel, la municipalité affirme pouvoir mettre sept locaux à disposition. Environ 80 places d'hébergement d'urgence pourraient ainsi rapidement ouvrir et être gérées par des associations. "Le préfet n'a plus qu'à appuyer sur le bouton et nous donner son feu vert pour que le dispositif se mette en place", jure Nathalie Appéré, première adjointe.
Le préfet plie
Sans l’avouer, la mairie de Rennes vient de mettre un couteau médiatique sous la gorge du préfet. Ce dernier qui avait refusé la mise en oeuvre de ce genre d'initiative l'année passée, en est conscient. En pleine conférence de presse municipale, le représentant de l’Etat fait parvenir un communiqué à toutes les rédactions pour "confirmer son engagement (...) de trouver des solutions de relogement, en particulier dans des locaux municipaux."
L’association Droit au logement (Dal), qui a ouvert les différents squats ayant alerté l'opinion publique, a la victoire modeste : "C’est une évolution. Ces 80 places proposées ne logeront cependant pas tous les demandeurs d’asile à la rue. Aujourd’hui, les institutions s’inquiètent de la situation dans un squat. Elle est identique dans d’autres endroits." En froid avec la mairie, le Dal n’a pas été sollicité pour prendre part au dispositif proposé par Daniel Delaveau.
2 réactions
C'est pourtant bien D Delaveau qui a fait expulser 40 personnes des appartements de fonction vides de l"école du Gacet, 21 somaliens des locaux de la Croix Rouge un soir où il neigeait, le même qui a récemment demandé l'expulsion d'une trentaine de mongols d'un bâtiment municipal désaffecté, qui fait régulièrement recours aux forces de l'ordre du préfet, etc....
Le partage des rôles n'a pas lieu d'être. Les deux cèdent à la pression médiatique et se sont entendus pour mettre fin à un scandale qui les touchait personnellement mais le problème demeure entier. Les solutions proposées concerneront uniquement le squat Postel. D'autres familles, d'autres enfants resteront à la rue.
Tout simplement scandaleux
Il ne suffit pas de construire de coûteux logements (du type des logemengt bling-bling à 6000€ le M2 de Jean NOUVEL sur les quais) ou des projets à 3000€ le M2 aux Matelouères pour répondre à la question de fraternité par excellence, gravé dans le granit des frontons des Mairies bretonnes.
Il suffit de constater que les propos des uns n'enrichissent pas le débat, que des promesses des autres font que de la rue à un logement digne il y a loin de la coupe aux lèvres!
Le DAL et ses hyper-miltants (si, si, il en faut!), imprégné de bon sens volontariste, contribue ainsi à donner écho aux appels de familles, souvent fait en langue étrangère et donc forcément inaudibles par l'exécutif local?
Il nous faudra donc veiller, tous-chacun de nous doit se sentir concerné, à ses promesses d'intentions pour voir ce qui en découle.
Nous avons bien d'autres choses à faire que de taper sur des bidons les soirs de conseil municipal...