Au lendemain de la spectaculaire évasion de la cité judiciaire, les circonstances dans lesquelles Tabu Kygoma, soupçonné d’avoir enlevé un dealer présumé de Brest retrouvé agonissant dans une poubelle à Quimperlé le 21 octobre, sont un peu plus claires.
il bouscule son escorte et se sauve
Selon des sources judiciaires, ce Rennais de 33 ans devait être entendu par un juge de la liberté et de la détention. Incarcéré à la maison d’arrêt de Caen, il avait donc été extrait de sa cellule. Il était escorté par deux gendarmes caennais, un homme et une femme. Vers 14 h, le fourgon de gendarmerie a pénétré dans le parking de la cité judiciaire. Le sas d'accès s’est refermé. Tabu Kygoma est descendu du véhicule. Debout à côté de l’estafette, le suspect était tenu par une "laisse", reliée à ses menottes par son gendarme d’escorte.
Sa collègue, elle, avait pour mission d’aller garer le véhicule dans la rue. La deuxième porte du sas du parking étant hors d’usage, la fonctionnaire a été contrainte de sortir le véhicule par la même porte empruntée à l'entrée. Un accès donnant directement sur l’extérieur. C'est à ce moment, là, toujours de sources judiciaires, que Tabu Kygoma en a profité pour pousser son escorte et s’échapper.
Dispositif hors normes
Les gendarmes se sont lancés à sa poursuite mais n’ont pas réussi à le rattraper. Le fuyard a pris la poudre d’escampette, les mains entravées devant lui. S’en est suivie une course poursuite, menée par un dispositif hors normes. Des centaines de gendarmes et de policiers, accompagnés d’un chien pisteur et d’un hélicoptère, ont quadrillé tout le sud-ouest de la ville pendant des heures.
Au lendemain de cette évasion spectaculaire, les enquêteurs ne semblent pas avoir de pistes sérieuses pour retrouver le suspect. Un mandat d’arrêt a été délivré. La photo du fugitif a été transmise à toutes les polices de France. Des questions demeurent. Un complice a-t-il aidé le détenu à s’échapper ? « C’est une hypothèse », livrent des sources proches du dossier. Comment se fait-il qu’un détenu considéré comme dangereux et qui avait déjà échappé aux gendarmes n’ait pas été encadré par un dispositif plus important ? Ces points restent aussi à élucider. En attendant, la police judiciaire, qui avait interpellé cet homme à Nantes vendredi dernier, poursuit son enquête.
