Et si le projet de construction d'un aéroport à Notre-dame-des-Landes (Loire-Atlantique) devenait un enjeu de débat national ? Il semble en tout cas que le sujet, qui cristallise notamment les clivages Parti socialiste/Europe écologie dans l'Ouest, soit en mesure de résonner au-delà des sphères locales. En témoigne la joute éditoriale à laquelle se livrent pro et anti aéroports dans Le Monde.
Mi-février, un aréopage de caciques socialistes (Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Daniel Delaveau, maire de Rennes, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et Patrick Mareschal, président du conseil général de la Loire-Atlantique) a signé une tribune intitulée "Déménager l'aéroport de Nantes : "un choix raisonné et responsable.""
Ils y fustigent les "partisans de l'immobilisme" "semblant considérer que le trafic aérien est la cause unique et majeure du réchauffement climatique" et qui promeuvent "un modèle social basé sur le refus de toute forme de progrès et le repli sur soi". Et les responsables politiques d'enchaîner les arguments, principalement économiques, justifiant la construction de la plate-forme aéroportuaire.
"insupportable"
La riposte, corrosive, est venue de la Coordination des trente-quatre associations opposées au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. LeMonde.fr publie ce mardi l'argumentaire sabre-au-clair de ces anti-aéroport. Ils répliquent point par point à la démonstration socialiste : "Le plus insupportable dans ce texte est sans doute le mépris qui transpire de ces lignes pour ceux dont on nie jusqu'au droit d'avoir une opinion différente de la doxa dans laquelle se sont englués ces élus." Et de plaider pour "exploiter au mieux ce qui existe" en aménageant et rénovant l'aéroport de Nantes.
Comme l'indiquait Le Mensuel de Rennes en décembre 2010, le "serpent de mer" Notre-Dame-des-Landes agite les débats depuis la fin des années 70. Mais depuis quelques mois, sur place, dans le bocage, la contestation enfle et s'organise (lire notre reportage dans Le Mensuel de Rennes de février, actuellement en kiosque). Affaire à suivre, donc : "NDDL" pourrait agiter l'Ouest dans les mois à venir (lire notre enquête sur les conséquences dans le Morbihan, dans Le Mensuel du Golfe du Morbihan de mars, en kiosque ce vendredi).
2 réactions
- 2000 Ha de terre féconde rayés de la carte... Lors du W-E des 10 000 opposants au projet, le 9 juillet 11, pendant un débat, il y avait à mes pieds une famille de campagnols qui faisait ses provisions en écoutant les participants. Biodiversité, j'écris ton nom.
- Endettement public maximal et subventions à gogo pour les 55 prochaines années (il suffirait que Vinci décrète son aéroport "en déficit")
- Pollution + imperméabilisation des terres (donc inondations multipliées : ADEME, http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?id=61777&ref=1 7205&p1=1&p2=)
- Délocalisation de tous les emplois actuels
- Quid d'EADS, qui jouxte l'actuel aéroport ?
Joly, Royal et d'autres se sont prononcés contre ce projet. Merci à vous tous, citoyens à la conscience humaine et écologique aiguisée, de prendre la position de nos politiques en compte pour voter aux Primaires puis aux Présidentielles. Et moi, modestement, c'est bête mais je penserai juste à une famille de campagnols en mettant mon bulletin dans l'urne. Il n'y a pas de petits combats.
Que tonton Jean Yves ( LE DRIAN , of course ) nous serve la soupe de l'union de la gauche avec les verts pour être ecolo-bobo compatible, çà va encore.
Mais qu'ils s'étripent en direct avec les écolos dans les colonnes du Monde sur un sujet aussi sérieux que le désenclavement de notre belle Bretagne, là non.
Décidément on ne peut pas faire totalement confiance à la droite c'est vrai!
Mais on ne peut pas du tout faire confiance à la gestion socialiste sur aucun point, c'est sur !
Dans 10 ans, rien n'aura bougé , aucun dossier ne sera bouclé, les bureaux d'études et d'analyses divers et variés auront prospèré avec notre argent de pauvre contribuable régional.
La culture de l'immobilisme poussée à son paroxysme.
La Bretagne du 21 eme siècle à besoin d'un aéroport international comme elle à besoin d'Internet très haut débit , comme elle a besoin de routes, d'hôtels, d'équipements sportifs modernes mais aussi de binious de triskell et de bistrots chaleureux.
Alors , Messieurs les élus de gauche, sortez nous cet aéroport du bourbier , un point c'est tout.
Rendez vous aux prochaines élection régionales!