Tout est parti d'une dispute. Ce midi, la police reçoit un appel : rue d'Antrain, un homme de 38 ans vient de menacer sa concubine avec un couteau. La police est prévenue par la femme, qui est parvenue à quitter le domicile. Lorsque les forces de l'ordre interviennent sur place, l'homme, retranché seul dans son petit pavillon, menace de "faire une grosse connerie", selon Marc Emig, directeur départemental de la sécurité public. Il possède un fusil de chasse et la police craint qu'il ne mette fin à ses jours.
Immédiatement, le Groupement intervention de la police nationale (GIPN) se positionne aux abords de la maison, située au n°103 de la rue d'Antrain, à l'intersection avec l'avenue Jules Ferry. Dès 13 h 30, un dispositif de police impressionnant est mis en place. La rue d'Antrain est bloquée à toute circulation sur une centaine de mètres.
L'attention braquée sur la fenêtre
Autour de la maison, les policiers de la Brigade anti-criminalité et du GIPN sont positionnés en nombre. Les membres du GIPN entament un long dialogue avec lui. Des tireurs du GIPN sont allongés dans le silence le plus total, l'arme braquée vers la fenêtre ouverte du pavillon, où l'homme fait parfois quelques apparitions. Les voisins, à leur balcon, observent la scène avec inquiétude. Une vieille dame, qui ne comprend pas que la police la renvoie sèchement lorsqu'elle veut passer le périmètre de sécurité, s'étonne : "J'ai cru qu'on tournait un film!". D'autres, sont contraints d'attendre avant de rentrer chez eux. Plusieurs d'entre eux connaissent de vue l'homme retranché chez lui, et sont très étonnés de son geste.
Peu avant 16 h, la porte du pavillon s'ouvre. Le forcené, cheveux blancs, chemise grise à carreaux, se place devant l'entrée. Il se dirige lentement vers les policiers, avec lesquels il discute une dizaine de minutes, avant d'être menotté sans qu'il ne s'y oppose. Après deux heure et demi de dialogue, il se rend.
L'homme "en crise", selon les policiers, a été emmené au commissariat où il a été placé en garde à vue pour violence avec arme. "Pour le moment, nous ne connaissons pas les raisons qui peuvent expliquer le geste de cet individu", a expliqué Marc Emig, directeur départemental de la sécurité publique.
