6 h, ce lundi matin. Les cars de CRS affluent rue de Fougères, à Rennes. L'artère est barrée afin de permettre à la vingtaine de véhicules de police de se garer devant le squat, situé au 280. « C’est de la folie ! », s’exclame la vingtaine de militants de l’association Droit au logement. Postés derrière la grille d’entrée, ils regardent l’impressionnant convoi s’approcher. Ce lundi matin, la police a prévu d’évacuer le squat où quelque 150 demandeurs d’asile logent. En février dernier, l'association Droit au logement avait ouvert ce bâtiment, appartenant au ministère de l’Agriculture, pour abriter des étrangers à la rue. Sur LeMensuel.com, le secrétaire général de la préfecture avait prévenu que « la situation ne pouvait plus durer ». Ce lundi, le préfet a mis sa menace à exécution.
Evacuation dans le calme
« Nous ne cherchons pas l’affrontement. Tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir prévenir nous-mêmes les demandeurs d’asile. Notamment les familles et les enfants ! », explique Yannic Cottin, porte-parole du Dal. Il est 6 h. La requête est acceptée.
Les militants s'empressent de réveiller les squatteurs : « Don’t worry. Keep cool. » La police emboîte le pas et se poste devant chaque porte. Les fonctionnaires entament le recencement des étrangers. La préfecture s'est engagée à reloger les familles. « On ne sait pas s’il s’agit d’une nuit à l’hôtel, d’une solution pérenne… », s’agacent les militants.
6 h 30. Des camions de déménagement entrent dans la cour du 280, rue de Fougères. Une dizaine de professionnels pénètrent dans le squat. Ils distribuent des cartons dans chaque chambre. « Mettez vos effets personnels là-dedans. Vous pourrez ensuite les récupérer », promet un policier. Peu à peu, le squat se vide. Les demandeurs d’asile sont déboussolés. Ceux campant sur les pelouses sont aussi priés de plier bagages.
« Une honte »
Dehors, les militants du Dal se désolent : « C’est une honte. Ces gens sont en droit d’être logés par l’Etat. Aujourd’hui, ils sont chassés d’un bâtiment qui appartient au gouvernement… Ils vont retourner dans la rue parce que la préfecture ne respecte pas le droit français ! » En mars, la Cour européenne des droits de l’Homme avait d'ailleurs réclamé des explications à la France au sujet de ce squat. La procédure n’a pas empêché la préfecture d’Ille-et-Vilaine d’expulser les demandeurs d’asile du bâtiment. Le préfet devrait tenir une conférence de presse ce lundi.
L’association Droit au logement fustige aussi l’attitude des socialistes rennais qui « n’ont pas bougé officiellement depuis l’ouverture de ce squat ». Aucun élu n'était sur place ce lundi matin.

Libertés bafouées, êtres humains piétinés au pied par un Etat démocratique, dit-on ! L'impasse est faite largement sur le droit au logement notamment, sans parler de tout le reste !
Ca donne envie de gerber ! Comment peuvent-ils encore se prendre pour des "démocrates" en faisant ce qu'ils font : jeter des gens à la rue !!!
C'est contraire aux principes de la déclaration universelle des Droits de l'Homme ! A quand la "revolution" véritable comme les pays du Sud nous en montrent le chemin !!!
VIVRE DEBOUT PLUTOT QUE D'EN CREVER !!!
La réquisition du 280 rue de fougères (bâtiment de l'Etat!) a fait suite à la fin du site de la rue Louis Postel, dans des conditions pacifiques et en soutien à de nombreuses/nombreux demandeurs d'asiles en règle au regard du droit communautaire. Dans ces conditions, comment ne pas réagir à la mort de Mingaltaï, mère morte à Rennes au mois de janvier 2011, des suites de cette situation indigne. A quoi sert une ville bling-bling si elle est incapable d'accueillir dans le même temps les plus démunis?
Le DAL s'est donc indigné, qu'il en soit remercié. Europe Ecologie Les Verts, et d'autres mouvement, ont également apportés leurs soutiens et participé à améliorer les conditions de vie des personnes hébergées, notamment par la création d'un potager solidaire justement achevée hier.
Justement, hier encore, des citoyens apportaient toujours des effets pour les familles totalement démunies...les gestes de solidarité se limitent seulement à ces derniers?
L'expulsion par la force est une humiliation pour notre démocratie et un véritable camouflet pour les politiciens locaux, d'ailleurs totalement absent au niveau d'une éventuelle solidarité exprimée sur place. Mais que vont devenir les demandeurs d'asiles? La force des choses va amener une autre réquisition, installation puis expulsion? On ne peut donc imaginer un autre scénario?
Les stratégies de l'immigration du gouvernement actuel sont dangereuses car elles tentent de s'affranchir de ses obligations, mais il le fait à quel titre? La France a historiquement économiquement et socialement besoin des flux migratoires. Que les dirigeant revoient leur copies seraient une bonne chose.
Indignez-vous dit Mr HESSEL, et nous que proposons-nous en tant que citoyens? Certainement d'autres solutions que celles "très radicales"que je dénonçe une nouvelle fois.
Rennes communique beaucoup sur "la ville accueillante", or le dispositif "corus" (dispositif de relogement face à la faiblesse d'offre légale) bat de l'aile. et il y a peu, il me semble que le respect était le thème du forum Libération, alors?