Après le fest-noz et les « chants à écouter », c’est au tour des jeux et sports bretons d’entrer dans la course vers le classement au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. Les représentants de la Falsab (confédération des jeux et sports traditionnels de Bretagne) et de la fédération de Gouren (lutte bretonne) sont désormais en marche vers la reconnaissance de leurs activités.
Ils ont rencontré ce mardi un représentant du ministère de la Culture, Christian Hottin, relais de l’Unesco. Ensemble, ils ont 18 mois pour bâtir le projet. Concrètement, les différents partenaires sont chargés de dresser un inventaire des problèmes rencontrés par les acteurs des jeux et loisirs bretons. Certains ont déjà pu être recensés : le vieillissement des pratiquants ; les difficultés de structuration d’un point de vue sportif…
L’objectif est de remettre le palet, les quilles et autre lutte bretonne au goût du jour. 13 000 adhérents à la Falsab, 1 500 à la fédération de Gouren… Les responsables des loisirs et sports bretons en veulent davantage. « Face à la concurrence avec les jeux informatisés, télévisés, on essaie de faire perdurer des loisirs conviviaux qui existaient autrefois », développe Paul Nicolas, président de la Falsab. L’autre problème est d’être reconnu face à des sports comme le foot, « médiatisés, subventionnés, reconnus. »
L’Unesco, le remède à tous les maux ?
Pour Nicolas Ollivaux, délégué régional de la Falsab, il n’est pas question d’une démarche seulement symbolique : « On le fait pour changer les choses. L’inventaire n’est que la première étape vers la résolution des problèmes. »
L’inscription au patrimoine immatériel ne saurait se suffire à elle-même, comme l’explique Christian Hottin : « Le patrimoine culturel immatériel ne peut pas être restauré comme on le ferait avec une cathédrale. Il ne peut l’être qu’avec la participation des gens qui font vivre les jeux et loisirs bretons. » Le représentant du ministère de la Culture indique qu’une fois le sésame décroché, l’inscription au patrimoine mondial ne donne droit à rien, mais crée des obligations par rapport à la sauvegarde du patrimoine et des traditions.
RÉAGIR