Dix jours. Depuis vendredi 8 juillet, Anne Caudal, une Morbihannaise de 28 ans enceinte de quatre mois, n’a pas donné signe de vie à ses proches. Après l’ouverture d’une information judiciaire, la création d’une unité d’enquêteurs dédiés et le ratissage des alentours, les gendarmes et le parquet n’ont « rien de nouveau ». Dans cette « affaire extrêmement sensible », ils continuent à « chercher tous azimuts ».
Appels sans réponse à partir de 22h
Disparition de plein gré, suicide, enlèvement, règlements de compte ? Le monde judiciaire ne privilégie « aucune piste ». Petit à petit, l’emploi du temps de la jeune femme se dessine mais des zones d’ombre subsistent.
Le scénario de ce vendredi 8 juillet, tel qu'il est décrit par Françoise Caudal, la tante d'Anne, s'arrête à 22 h : Anne Caudal a déposé Christophe, son concubin, au domicile de son-ex femme à Châteaugiron où il devait garder les deux enfants nés de cette précédente union. La jeune femme serait ensuite rentrée chez elle à Bruz, où elle aurait dîné. « C'est ce que certifie la police scientifique », confirme la tante.
Des incertitudes planent sur le reste de l’emploi du temps de la jeune pépiniériste du centre Leclerc de Ploermël. Après le repas, vers 22 h, Christophe lui a envoyé des SMS et a cherché à la joindre. Elle n’a pas répondu. « Comme elle est enceinte, il s’est dit, "peut-être qu’elle est fatiguée et qu’elle dort" », ajoute Françoise Caudal.
La trace olfactive se perd entre la porte et la voiture
Anne, que sa famille surnomme "Nanou", a-t-elle dormi chez elle ? Les proches n’en savent rien. Gilles Caudal, son père, affirme : « C'est pas une gamine qui sort toute seule. Elle ne serait jamais sortie boire un pot ou un café seule. » D’autant plus que, ce soir là, selon la famille, il pleuvait à Bruz.
« Les chiens des gendarmes reviennent toujours sur le parking, entre sa porte d'entrée et sa voiture, livre Françoise Caudal. Quelqu'un l'a peut-être fait sortir de chez elle, a peut-être sonné au digicode. »
Phase de recoupements
Les gendarmes n’ont pas retrouvé le sac à main de la jeune femme, son portable est éteint, sa voiture stationnée sur le parking, le compte en banque ne révèle aucun mouvement et aucun effet personnel n'a disparu.
Après avoir fouillé des étangs, des forêts, avoir fait renifler les chiens pisteurs, ou survolé la région en hélicoptère, les gendarmes sont aujourd’hui dans une phase de « recoupements de témoignages ». « Nous n’écartons aucune piste, vérifions tout, explique Charles-André Poitou, officier de communication de la région de gendarmerie. Du témoignage du radiesthésiste à la personne qui pense l'avoir aperçu... »
