« Au départ, nous avions plusieurs hypothèses. Plus les auditions avançaient, plus nous nous sommes orientés vers la piste du compagnon et son ex femme », explique Lieutenant-colonel Hyacinthe Yziquel, en charge de l’enquête sur la disparition d’Anne Caudal. Dans la nuit de mardi à mercredi, le corps de cette jeune morbihannaise de 28 ans, enceinte de quatre mois, a été retrouvé dans un bois de Nouvoitou, à quinze kilomètres de Rennes.
Placée en garde à vue depuis mardi avec le compagnon de la pépiniériste morbihannaise, l'ex femme de ce dernier a révélé l'emplacement de la dépouille carbonisée d'Anne Caudal. Christophe, l'amant de la jeune femme enceinte, l'aurait tuée, jeudi 7 juillet, suite à une dispute à leur domicile bruzois. Selon le parquet, les deux personnes en garde à vue "commencent à reconnaître leur implication". Le compagnon d'Anne Caudal "aurait, le lendemain, demandé à son épouse de l'aider à déplacer le corps, puis les jours suivants à le porter à l'endroit où il a été découvert calciné." La garde à vue de ce couple a été prolongée jusqu'à jeudi matin. Par ailleurs, à l'information judiciaire ouverte mi-juillet pour «séquestration et arrestation illégale», ont été ajoutées les qualifications d'«assassinat» pour lui, de «destruction et dissimulation de preuves» pour elle, selon le parquet de Rennes.
La famille « sous le choc »
Le père d’Anne Caudal est "sous le choc". Depuis l’annonce de la disparition, Gilles Caudal côtoyait quotidiennement Christophe, le meurtier présumé de sa fille. "Une manipulation pareille, une comédie pareille, c'est impensable. Il nous a mené en bateau jusqu'au bout. La semaine dernière encore, il partait dans des crises de larmes et il faisait les recherches avec nous. Jusqu'à hier soir encore, on la recherchait, on était dans l'espoir, tout s'est écroulé ce matin", a confié le père de la victime à l’AFP. Le père poursuit : "Il ne faut pas laisser passer ça, il faut qu'il prenne le maximum, qu'il ne fasse plus de mal a personne".
Les enquêteurs continuent leurs investigations notamment dans l’appartement bruzois dans lequel Anne Caudal et son compagnon vivaient depuis quelques semaines. Les militaires de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale cherchent à reconstituer la scène présumée du crime. Avec de nombreux scellés en main, les enquêteurs ne cessent de faire des allers et retours de l’appartement à leur camion stationné dans le quartier du Vert Buisson, à Bruz.
