« C’est un grand jour pour la Bretagne. » Jean-Yves Le Drian, président PS de la région Bretagne, se félicite de voir le projet de Ligne à grande vitesse (LGV) entre Rennes et Le Mans entrer dans sa « phase de mise en œuvre », après une phase préparatoire qui a duré 17 ans. Le 28 juillet à Paris, Hubert du Mesnil, président de Réseau Ferré de France (RFF), et Marc Legrand, président de Eiffage Rail Express, ont signé le contrat de partenariat public-privé entre les deux entreprises. Il prévoit l’installation de 214 km de ligne nouvelle entre Connéré, à l’est du Mans, et Rennes, 32 km de raccordement aux lignes existantes, ainsi que la modernisation du réseau existant. Rennes ne sera plus qu’à 1h26 de Paris, ce qui représente pour l’ensemble de la Bretagne un gain de temps de 37 minutes par rapport au temps de trajet actuel. À terme, trois heures suffiront pour rejoindre Brest ou Quimper depuis Paris.
Le calendrier du projet
« Nous avons les yeux fixés sur le calendrier », assure Marc Legrand. Le projet entre pour le moment dans une phase d’étude et de concertation, pendant laquelle Eiffage et RFF iront à la rencontre des élus locaux et des différents intéressés. Les travaux commenceront en juillet 2012 et devraient s’achever à l’automne 2016. Les deux bases pour la pose des voies et la maintenance seront localisées à Sablé et Laval. Il faudra ensuite patienter encore quelques mois, le temps de la phase d’essai. « Je rêve d’une mise en service pour Noël 2016 », confie Jean-Yves Le Drian, le sourire aux lèvres.
10 000 emplois créés
Pour Marc Legrand, président de Eiffage Rail Express, ce contrat est le plus important jamais signé par son entreprise : « c’est un projet énorme pour nous ». Le projet, qui représente un coût total de 3,3 milliards d’euros, est financé par RFF à hauteur de 43%. Les collectivités assurent 28,4% des coûts d’investissement, dont la majeure partie (19,7%) est prise en charge par la région Bretagne, qui débourse 655 millions d’euros. L’État assume enfin 28,4% du financement.
Eiffage estime que le projet devrait générer 10 000 emplois durant les cinq années prévues pour la construction de la LGV. Ce chiffre comprend les sous-traitants et les fournisseurs, ainsi que les 1500 emplois directs. La direction de chantier, basée à Rennes, représente environ 300 emplois.
L’entreprise prévoit de sous-traiter environ 30% des travaux à des entreprises locales. « Nous sommes pour l’instant dans une phase où nous identifions nos besoins en précisant les compétences recherchées. Nous sommes en contact avec un certain nombre d’acteurs économiques locaux », explique le président d’Eiffage. Les acteurs du projet insistent enfin sur les retombées économiques indirectes. Les travaux mis en œuvre vont générer des besoins de prestations et de services qui seront susceptibles de donner de l’activité aux communes, notamment dans les domaines du transport, de l’hôtellerie ou de la restauration.

Il suffit de relire !