Grève du 115 : "Tous les soirs, nous laissons des personnes dormir à la rue"

Cyrille Freulon, représentant du collectif des travailleurs sociaux locaux et Yannic Cottin, porte-parole du Dal 35 (B.K)

Ce mardi, les travailleurs sociaux du 115 ont manifesté devant un service préfectoral, à Rennes. Ils dénoncent le manque de places d'hébergement d'urgence en Ille-et-Vilaine. 250 personnes dormiraient à la rue chaque soir dans la région rennaise.

« Hier soir, 47 personnes ont été laissées sans solution. Tous les soirs, nous laissons des femmes, des enfants, des familles et des hommes célibataires dormir à la rue ! », s’agace Laëtitia, travailleuse sociale. Cette trentenaire officie au 115, la plateforme téléphonique chargée de rediriger les sans-abri vers un hébergement d’urgence. Comme elle, les  travailleurs sociaux constatent le manque de places d'accueil dans le département. Ce mardi, les professionnels du 115 ont exprimé leur ras-le-bol devant la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations. Une première pour ce service dépendant de l’association Benoît-Labre, qui assure une mission de service public. Le 115 ne répondra pas jusqu’à ce mercredi, 8 h.

65% de réponses négatives

« 65% des réponses que nous donnons sont négatives. Aujourd’hui, ça suffit ! Il faut que la préfecture fasse quelque chose. Nous devons être en capacité de mettre à l’abri les personnes, comme le réclame la loi », pointe Cyrille Freulon, représentant du collectif des travailleurs sociaux locaux issus de structures comme Puzzle, L’Abri, CAO, Benoît-Labre... Ces professionnels constatent une augmentation de la demande d'hébergement d’urgence depuis deux ans. Les demandeurs d’asile, notamment, sont de plus en plus nombreux à affluer dans la capitale bretonne. « Nous alertons quotidiennement la préfecture. Elle nous répond qu’elle ne peut pas accueillir tout le monde et que le budget est limité. Ces réponses ne peuvent pas nous satisfaire ! », ajoute Cyrille Freulon.

à Rennes, 250 personnes à la rue tous les soirs

A Rennes, travailleurs sociaux et responsables associatifs estiment qu’environ 250 personnes sont laissées quotidiennement à la rue. Outre la cinquantaine de personnes recalées par le 115, quelque 200 migrants sont hébergés dans des squats ouverts par l’association Droit au logement. « Ces demandeurs d’asile en ont marre d’appeler le 115 pour rien. A 9 h, on leur dit de rappeler à 15 h. A 15 h, on leur demande de réitérer à 16 h… Et ainsi de suite… Ils préfèrent rester dans nos réquisitions et ne plus appeler le 115 », explique Yannic Cottin, porte-parole du Dal 35. L’association réclame, par ailleurs, que la préfecture applique la loi lui imposant de loger les demandeurs d’asile à la rue.

Auteur : Benjamin Keltz
  1 réaction
Toujours s'en prendre aux plus démunis

En réduisant les budgets de l'hébergement d'urgence, une fois de plus le gouvernement en place s'en prend aux plus démunis et aux plus fragiles, en toute illégalité.

Le droit au logement est reconnu comme droit social depuis 1946. Au niveau international, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 reconnaît dans son article 25-1 que le droit au logement fait partie des droits sociaux : "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires".

Proclamé avec la loi Quilliot (1982) - qui fait du droit à l’habitat un droit fondamental, ce droit est réaffirmé dans la loi du 31 mai 1990, visant justement à la mise en oeuvre du droit au logement et dont l’article premier stipule : "garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation".

Le volet logement constitue une part importante de la loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998. Les principales mesures concernent le renforcement des mesures de prévention des expulsions locatives, la réforme des attributions des logements, la mobilisation de la vacance des logements, et la lutte contre l’insalubrité. La loi SRU du 13/12/2000 qui confirme le droit à un logement décent complète certaines de ces mesures.

Enfin, la loi du 5 mars 2007 instaurant le droit au logement opposable (dite “loi Dalo”) reconnaît un droit au logement décent et indépendant aux personnes (résidant en France de façon stable et régulière) qui ne peuvent accéder par leurs propres moyens à un tel logement ou s’y maintenir.

Mais tout cela, Sarkozy et sa clique s'assoit dessus. On promet, pour demain bien sûr, comme on avait promis en 2006 que plus personne ne serait à la rue, de faire plus pour le logement durable, mais en attendant on laisse, et on met, de plus en plus de monde à la rue.
Christophe, 3 août 2011, 14h20
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