Le Mensuel : Est-ce vous qui avez pris la décision d’interrompre la soirée du vendredi, ou bien sont-ce les autorités qui ont imposé l’annulation du festival ?
Sylvain Guilloteau : La décision a été prise avec la mairie, les sociétés de sécurité, les organismes de secours, etc. Le vendredi matin, ça allait encore au niveau de la météo. On a dit : « C’est bon. » A partir de 12 h, une très grosse averse est tombée et d’autres se sont enchaînées. Le mal était fait. Tant que personne n’avait foulé le terrain, ça allait. Avec l’arrivée des festivaliers, il est rapidement devenu impraticable. Sur le parking, il fallait un tracteur pour chaque véhicule ! Il y avait plus de 20 cm de boue sur le site. L’issue de secours était impraticable. En cas d’évacuation, nous aurions clairement déploré un bilan humain…
Avec le recul, le choix de l’annulation vous paraît donc sage et légitime ?
La décision a été très dure à prendre. Cela nous a mis un gros coup au moral. D’autant qu’on sait avec le recul que la programmation était bonne et que le public était présent. On ne regrette pas. Je préfère cela qu’assumer une mort… On a choisi de conserver le site tant qu’il n’était pas totalement détérioré, pour éviter que ça n’aggrave la situation. Cela a permis d’assurer la soirée du samedi, avec énormément de travail, de volonté, de solidarité du monde agricole et des bénévoles des travaux publics. Deux niveleuses étaient présentes samedi sur le terrain : un truc de taré ! Les gars ont bossé comme des cinglés ! Nous avons accueilli au final entre 11 000 et 13 000 personnes samedi soir. Soit au minimum 25 000 durant le week-end dans des conditions normales. Notre pari aurait été gagné…
Certains festivaliers se sont plaints d’un déficit d’information, notamment concernant le remboursement des places…
Il n’y a pas eu de déficit d’information. L’annulation a été relayée quasi directement sur le site internet et on l’a annoncée sur scène. Hit West l'a également relayée samedi. Je ne sais pas comment on peut faire plus en termes de communication !
Nous avons proposé aux possesseurs de billets pour le vendredi d’entrer gratuitement sur le site samedi soir. Au final, plus de 50% sont revenus le samedi. Deux groupes sont passés vendredi soir, soit la moitié de l’affiche prévue. Il n'y aura donc pas de remboursement pour les pass week-end.
Quel impact aura cette annulation sur l’association organisatrice et le festival ?
On attendait énormément de cette édition. C’est rageant, car on sait désormais qu’elle aurait permis d’envisager l'avenir sereinement. Il faut déjà qu'on démonte le site. Après, on se reposera, parce qu’on est tous HS. Un festival dans ces conditions, c’est encore plus usant physiquement. Moralement aussi. Pour la suite on n’en sait rien. Il faut attendre le bilan financier. Cela ne se fait pas en deux jours, d’autant que l’équipe est 100% bénévole.
Le festival du Roi Arthur aura-t-il lieu en 2012 ?
On espère tous qu’il n’y aura pas de déficit. S’il atteint 20 000 €, la question d’un nouveau festival en 2012 se posera. S’il atteint 100 000 €, ce sera beaucoup plus difficile... Rien n’est perdu. Nous recevons énormément de soutien des élus et des associations de Bréal. Cela nous donne du baume au cœur et permet de rester efficace. Malgré le coup de massue, on aimerait se relever. Le seul indicateur qui n’était pas au vert cette année, c’était le temps.
DERNIERE MINUTE
Les organisateurs du festival ont publié ce lundi un communiqué, dans lequel ils précisent les circonstances et les raisons du non-remboursement des places et tickets boissons :
"Concernant la soirée du vendredi soir, nous sommes aux regrets de vous annoncer que l'association du Festival du Roi Arthur ne pourra procéder aux remboursements des places et des tickets boissons. En effet, la décision de l'annulation a été dure à prendre car nous savions que les pertes financières engendrées seraient considérables et que cela mettrait en péril l'avenir de l'association. Le festival est organisé par une équipe 15 bénévoles et d'1 salarié en CAE Passerelle (financé à hauteur de 90% par l'état) qui a terminé son contrat le 31 Juillet dernier. Nous attendons donc de la part des festivaliers qui demandent le remboursement de leur place du vendredi, de considérer cette somme comme un soutien à l'association du Roi Arthur. De plus, la moitié des personnes possédant un billet pour le vendredi ont pu bénéficier d'une compensation satisfaisante en accédant gratuitement à la soirée du samedi."

Autant aidé l'asso à remonter pour avoir de prochaine bonne soirée au Roi Arthur non?
Je comprend que c'est dur pour certain de laisser comme sa de l'argent mais dans une vie c'est rien... Oui je pense qu'il y a des leçons a en tirer, mais acheter une place pour un festival en plein air c'est courir le risque de l'annulation... Vous ne pensez pas?
Je fais plein de festival et oui la crainte est que ce soit annulé mais après tout quand on aime on peut faire un geste non?
En tout cas félicitations au bénévoles qui ont eu du courage et une très grande motivation faire que le samedi soir soit une belle soirée!
Alors de dire qu'il faut considérer ça comme un soutien à l'association, je ne suis pas d'accord. Je considère plutôt ça comme du vol. On n'a pas tellement le choix à vrai dire!
C'est bien beau d'avoir proposé la soirée du samedi mais si j'ai pris celle du vendredi c'est qu'il y avait bien des raisons: artistes proposés, heures de travail incompatibles...
Bilan: argent volé, voiture à nettoyer, essence gaspillée, temps perdu.
Moi qui me faisais une joie de retrouver ce festival, j'y repenserai à deux fois avant d'y retourner. Si j'y retourne...