En 2010, déjà, l’association rennaise Périscopages, organisatrice des Rencontres de la bande dessinée d’auteur et de l’édition indépendante, avait tiré la sonnette d’alarme. Cette fois, il ne s’agit plus d’une simple balise de détresse. « Périsco » s‘est fait sépuku. La dissolution de l’association, prévue pour janvier 2012, a été décidée ces jours-ci. Il n’y aura donc pas de onzième édition des Rencontres l’an prochain. Idem en ce qui concerne la médiation autour de la BD indépendante, la formation et les résidences d’artistes : fini.
essoufflement
Ce sabordement intervient malgré une « belle édition » des Rencontres 2011, selon les membres de Périscopages. « A l’issue de cette édition, la situation financière de la structure fut également assainie », indiquent-ils. Pourquoi, dès lors, sonner le glas après dix ans d’activisme bédéphile, 70 expositions et des dizaines d’artistes accueillis ? Un essoufflement généralisé aurait eu raison des forces vives de l’association.
Essoufflement économique, d’abord : « Les différentes activités de Périscopages (organisation des Rencontres annuelles, de résidences internationales et travail à l’année de médiation/formation autour de la bande dessinée alternative) n’ont pas pu trouver une articulation économique viable. »
Essoufflement humain, ensuite : « La proportion prédominante du bénévolat qui, pendant dix ans, aura permis à Périscopages d’exister puis de se développer constitue aujourd’hui, paradoxalement, une des limites à sa pérennisation. Le niveau d’implication et de compétences nécessaire a dépassé, depuis plusieurs années, le simple engagement bénévole. Il apparaît pourtant impossible de le rémunérer. Ce bilan est ancien et répété, mais Périscopages n’a pas su s’organiser et se faire entendre pour résoudre ce déséquilibre. »
« déficit d'échanges »
Les membres de « Périsco » déplorent enfin que « l’appui accordé par nombre d’individus au sein des collectivités locales, et au sein de la Ville de Rennes en particulier, reste malheureusement insuffisant en l’absence de politique culturelle transversale et claire en matière d’édition, de manifestation consacrée au livre et de bande dessinée de création. »
En 2010, le dessinateur Morvandiau*, président de Périscopages, évoquait le déficit d’« échanges constructifs » avec certains partenaires institutionnels. Cette problématique n’aurait pas été réglée.
Avec la fin des Rencontres, Rennes perd un événement au rayonnement national et ponctuellement international, reconnu et identifié au-delà des frontières bretonnes. C’est également un facteur majeur du dynamisme de la bande dessinée rennaise qui disparaît.
*Morvandiau officie par ailleurs en tant que collaborateur du Mensuel
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