Bon, ce n’est pas qu’on veuille se pousser du coude, hein, mais trois des cinq groupes rennais à l’affiche des Trans musicales 2011 ont fait partie du Palmarès Le Mensuel des groupes prometteurs 2011. Et ils valent quoi, au fait, ces régionaux de l’étape ? Côté scénique, rien à craindre –sinon ils n’auraient pas été sélectionnés, on se doute que Brossard et son équipe les suivaient depuis le berceau.
Côté musique, c’est pour la plupart du temps souvent bien fait, pas toujours original, mais très référencé –on voit bien que certains ont grandi dans une ville vénérant le bon vieux rock’n’roll.
Un exemple ? Rien qu’au look, on l’aurait deviné, et les premières notes d’un titre comme Black gloves le confirment : Les Spadassins sont bloqués dans des sixties qu’ils n’ont jamais connues. The Who, The Animals, un peu de soul, les Rennais ne cachent pas leurs influences Swinging London… Efficace, dansante et bien foutue, leur musique devrait susciter l’enthousiasme des amateurs de rock vintage. On peut aussi trouver que cela sonne un peu trop club Drouot. Ubu, ce jeudi 1er décembre, 14 h 30.
Tout aussi anglophiles, mais branchés début des années 80, les Juveniles ont créé le buzz sur la Toile avec leur électro-pop (lourdement ?) marquée par Human League, New Order et Heaven 17. Un projet très postmoderne mené par un membre des Wankin’ Noodles et deux ex-Russian Sextoy. Ubu, vendredi 2 décembre, 14 h 30.
Post-moderne, ironique, décalée, la musique très « bruit de console Atari » de Splash Wave l’est également. On dirait une version technoïde de bande-son de films comme Le Flic de Bervely Hills. Là encore, ce duo rennais pique un trip très eighties assez rigolo. Plus geek, tu meurs… Ubu, vendredi 2 décembre, 15 h 40.
De leur côté, les 50 Miles from Vancouver noient une grosse nostalgie de la surf-music sous un déluge de fuzz, créant un hybride garage-pop-rock survitaminé. Ubu, samedi 3 décembre, 14 h 30.
Rock, le mot convient aussi parfaitement à la musique et à l’attitude de Yann « Penn Ker » Audio, alias Wonderboy. L’homme-groupe, pour son concert à l’Ubu, fera exception et sera accompagné de deux musiciens. On espère qu’il sera fidèle à l’esprit d’un premier album enregistré dans sa chambre, Going nowhere fast. A savoir : riffs blues-rock bien poisseux, avec un gros son qui tache. Et fait mouche, comme dans l’excellent titre éponyme. On pense à Jon Spencer Blues Explosion ou à la période rockabilly d’Alan Vega…Ubu, vendredi 2 décembre, 16 h 50.
Les Monkey Bear, eux, ont beaucoup écouté Animal Collective, et leur set devrait confirmer leur réputation de bidouilleurs électro-pop foutraques et inventifs. Ubu, ce jeudi 1er décembre, 16 h 50.
Enfin, question références, on ne sait pas à quoi a été biberonné Mein Sohn William. Mais il mérite à la fois la palme de l’originalité et une camisole de force. Seul sur scène, Dorian Taburet maltraite instruments et vocaux, avec un réjouissant côté Géo Trouvetou no-wave, et une totale absence de complexes qui tient de la performance. Une sorte de Jad Fair rennais conçu quelque part à mi-chemin entre le Jardin Moderne et le CHS Guillaume-Régnier. Ubu, samedi 3 décembre, 16 h 50.
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Bien vu, bien joué.Ca nous change de ce qu'on peut lire sur le site des Inrocks quand on se tient au courant de ce mangifique festival et qu'on n'habite plus à Rennes !