Le Mensuel : Pourquoi avoir créé Réveillons-nous, satellite hivernal des Tombées de la nuit, festival estival par excellence ?
Claude Guinard : En 2003, année de la première édition, nous avons voulu occuper un espace peu ou pas exploré en spectacle vivant : la période des fêtes de fin d’année. A ce moment-là, à part l'opéra, il n'y a pas grand chose... D'autant plus que les Tombées de la nuit avaient été annulées en juillet de cette année à cause du mouvement des intermittents du spectacle. Il nous fallait une séance de rattrapage. Nous avons donc créé une édition hiver des Tombées : Réveillons-nous.
Quelles différences avec le festival d'été ? La saison a-t-elle une influence sur la programmation ?
On retrouve l'esprit des Tombées : faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. La programmation est réalisée au tout dernier moment, une porte ouverte aux coups de cœur tardifs. Nous essayons également de proposer une offre complémentaire de celle du trimestre. Mais là, comme ça caille, c'est à l'abri en intérieur. La salle de la Cité accueille cinq spectacles. Le rapport au public y ressemblera à celui qu'on retrouve dans un cabaret : les artistes se situent carrément au milieu des spectateurs. Nous sommes très heureux de retrouver les musiciens de Santa Cruz et leur musique acoustique dans ce rapport inhabituel à la scène. Dans ce lieu, ça ira du ciné-concert de Pierre Fablet au spectacle de théatre-danse de la compagnie Volubilis, pour ne citer qu'eux. Les artistes locaux seront bien représentés.
Une partie de foot chorégraphiée est prévue sous la halle Martenot. D'où vient cette idée ?
Nous sommes toujours à l'affût de propositions un peu décalées... Et ce n'est pas la première fois qu'on s'intéresse au sport, présent dans les éditions précédentes. Raphaël Dupin, danseur de Tours, a un passé de joueur de foot. Il s'est inspiré de la solitude du footballeur sur le terrain pour créer un spectacle de danse contemporaine : 10e minute corner. Vêtu comme un joueur, sur son carré de pelouse, il évolue immergé dans un univers sonore de stade : sons de frappes, des spectateurs... L'ambiance est travaillée : son assistant grille même des merguez. La halle Martenot nous sert de stade couvert. C'est un spectacle gratuit. Les autres, salle de la Cité, coûtent huit euros. Le festival reste donc accessible financièrement.
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