Les responsables de la Fédération des associations étudiantes de Bretagne occidentale (Fédé B) et de la Fédération étudiante rennaise interassociative (Feria) ont adressé, fin décembre, une lettre ouverte aux quatre préfets bretons. La missive dénonce la promulgation et l'application de la "circulaire Guéant-Bertrand" relative aux étudiants étrangers. Le texte encourage les préfets à limiter l'attribution du statut de résidant à ces derniers et, de fait, l'accès au marché du travail des jeunes diplômés non-français.
"Les situations personnelles engendrées par ces textes, telles que relatées quotidiennement dans la presse, sont inacceptables et entachent aussi bien nos valeurs républicaines, que l’image et le rayonnement international de nos établissements d’enseignement supérieur", déplorent les signataires de la lettre.
"conséquences non négligeables"
Ils estiment par ailleurs que l'application de ladite circulaire "a déjà eu des conséquences non négligeables notamment pour des diplômés de l’ISTIC (Université de Rennes 1) où près de 20% des étudiants viennent de l’étranger. Ces derniers ne peuvent prétendre à un emploi dans le secteur de l’informatique alors que le bassin Rennais, même en cette période économique difficile, est demandeur de leurs compétences."
Et d'ajouter : "Ces étudiants permettent à notre Région de développer des liens économiques forts avec l’étranger. Rennes, Brest et d’une manière globale la Bretagne, avec ses près de 100 000 étudiants peuvent se faire une place dans la compétition internationale. Cette circulaire y est un frein non négligeable."
Ce coup de gueule intervient quelques jours après que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a affirmé, suite à la polémique nationale engendrée par cette décision, que la circulaire serait "modifiée" en 2012. Il s'agit de la "compléter" afin de "lever les malentendus". "Nous saurons être vigilants afin que ces paroles se traduisent en actes et ne soient pas préjudiciables aux étudiants d’origine étrangère issus de nos universités", concluent les responsables de la Fédé B et de la Feria.
1 réaction
1- dans tous les classements internationaux, nos établissements d'ES sont plutôt mal classés
2- le ministère de l'intérieur cherche par tous les moyens, depuis plusieurs années, à compliquer la venue des étudiants étrangers en France (en particulier ceux venant des pays arabes qui représentent la moitié des étudiants étrangers en France)
3- le ministère de l'intérieur rend de plus en plus difficile et de plus en plus cher le passage du statut d'étudiant à celui de salarié pour les étrangers (cf. Article L311-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers en France)
J'ai pu mesurer à l'étranger comment l'image de la France se dégrade rapidement chez les étudiants. La France ne les fait plus rêver, c'est dommage.
Pourtant, les étudiants étrangers ne sont pas si nombreux en France, ils représentent moins de 12% des étudiants, au Royaume Uni, c'est plus de 15%, en Australie, c'est 22%.