Destruction ou rénovation ? Le grand flou demeure autour du sort d'un des immeubles sinistrés lors de l'incendie du 21 juin 2010, place Saint-Michel à Rennes. Un expert mandaté par le tribunal administratif craint que l'immeuble situé à l'angle de la place Saint-Michel et de la rue Saint-Michel ne s'effondre. Mercredi, à sa demande, la Ville a donc procédé à l'extension du périmètre de sécurité de trois mètres. Rebelotte, jeudi soir, les vents obligeant à élargir encore la zone interdite. Résultat : le passage entre la place Saint-Michel et la "rue de la Soif" est aujourd'hui totalement bloqué.
Les commerces restent ouverts, mais les gérants déplorent la transformation de la rue Saint-Michel en "cul-de-sac". "Je n'ai eu aucune information, regrette l'horloger Yves Garel. Cela fait bientôt deux ans que cet immeuble représente un danger. D'un coup, ils disent que le mur va tomber. Mais peut-être qu'il sera toujours debout dans six mois !" Plus loin, un cafetier évoque le manque à gagner dû à la nouvelle configuration de la "rue Saint-Mich'" : "Il n'y a plus du tout de passage. Les gens viennent, font demi-tour et repartent. En général, il y a beaucoup plus de monde le vendredi."
"Nous n'avons aucun moyen d'action"
Le sort du bâtiment en question pourrait être décidé lundi prochain 9 janvier. "Tout est entre les mains de l'expert", indique la Ville. Ce dernier pourrait ordonner une rénovation-consolidation, voire une destruction. L'immeuble à pans de bois est pourtant inscrit dans un secteur sauvegardé. L'architecte des bâtiments de France a préconisé une conservation, mais rien n'indique, pour l'instant, que celle-ci sera possible.
De quelles armes dispose la Ville ? "Nous n'avons aucun moyen d'action", répond-on clairement en mairie. L'avancement du dossier est contraint par la difficulté des copropriétaires à se mettre d'accord pour payer les travaux. Dans le secteur sauvegardé, la municipalité dispose habituellement de leviers pour forcer les copropriétaires à réhabiliter leurs biens. Mais ils ne peuvent être utilisés en cas de sinistre.
RÉAGIR