Guillemin ou Chavanat ? La commission nationale des investitures de l’UMP va devoir trancher entre deux profils très différents pour les législatives dans la huitième circonscription d’Ille-et-Vilaine. Comme l’évoque Le Mensuel en kiosque, la présence de deux prétendants à l’investiture interroge certains militants de base. D’autant que la « circo » est jugée « prenable » en cas de duel Rogemont-Boucheron dans le camp d’en face.
"Ne pas se tromper de combat"
Chavanat et Guillemin, qui se respectent mutuellement selon leurs déclarations, incarnent pourtant deux stratégies d’implantation différentes de l’UMP en terre rennaise. Leader de l’opposition à Rennes et dans la métropole, Bruno Chavanat inscrit sa future campagne dans la perspective des municipales. Les législatives lui donneraient la possibilité de s’imposer comme tête de liste en 2014, tout en gagnant quelques points d’une notoriété qu’il doit absolument développer d'ici là. Bémol : son sarkozysme prudent d’ancien UDF ne lui permettrait pas de s’impliquer à fond dans la dynamique de la présidentielle. Un handicap pour des législatives étroitement corrélées à la course à l'Elysée.
De son côté, le jeune Matthieu Guillemin, dont l’activisme au sein du parti présidentiel agace parfois jusque dans son propre camp, souhaite s'impliquer à fond dans la présidentielle. « Avant 2014, il y a 2012. Il ne faut pas se tromper de combat », explique-t-il. Sarkozyste assumé, l’ex-directeur de la campagne de Bernadette Malgorn lors des régionales de 2010 prône « l’audace » et la « touche de panache ». « Je souhaite faire bouger les lignes », assure Guillemin, qui regrette le manque de « visibilité » de la droite locale. « Il ne faut pas confondre modération et inaction. L’objectif n’est pas forcément de plaire à tout le monde mais d’être lisible et de disposer d’une vraie stratégie de terrain. »
"On a besoin qu’un peu plus de vent d’ouest souffle sur l’UMP"
Bruno Chavanat assume « un problème d’affirmation et d’expression des valeurs qui fondent notre engagement ». Le patron de la droite rennaise ne risque-t-il pas de se tromper de combat ? « Je me suis longuement interrogé, reconnaît-il. J’ai souhaité me présenter car j’estime que l’on ne peut pas faire de la politique en se basant uniquement sur des thèmes locaux. Les gens attendent aussi que l’on se positionne sur le terrain des valeurs. J’ai le sentiment qu’on ne l’a pas fait suffisamment. » Chavanat pourra-t-il s’impliquer dans une campagne où un soutien trop important apporté au président sortant pourrait l’handicaper ensuite lors de scrutins locaux ? Assurément, selon l’intéressé. « On a besoin qu’un peu plus de vent d’Ouest souffle sur l’UMP. Nous avons une couleur politique propre, issue du gaullisme social et de la démocratie chrétienne, qui doit se faire entendre. A l’UMP, il y a une différence entre Thierry Mariani, par exemple, et Bruno Chavanat. » Face aux esprits chagrins qui estiment qu’une défaite trop lourde aux législatives annihilerait les chances du leader de l’UMP rennaise aux municipales, Chavanat cite Edgar Faure : « Cette candidature est un risque évidemment. Cependant, on peut faire de la politique sans chance, mais on ne peut pas en faire sans risque. »
Problème de parité
La commission d’investiture de l’UMP devrait rendre ses arbitrages entre le 15 et le 21 janvier. Elle lèvera sûrement le flou qui règne en Ille-et-Vilaine pour les législatives. L’un de ses défis sera notamment de proposer un équilibre homme-femme parmi les candidats. Celui-ci n’est pas assuré pour l’instant. Cette parité dépendra, notamment, de la décision de se représenter ou non de René Couanau (septième circonscription) et de Pierre Méhaignerie (cinquième circonscription).
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