Ce n'était au départ qu'un test, c'est en train de devenir un dispositif ancré dans la politique de sécurité de la Ville. En février 2010, le conseil municipal vote l'installation de sept caméras de vidéosurveillance entre la place Sainte-Anne et la rue Saint-Michel. Quelques mois plus tard, elles s'étendent au centre commercial du Gast, à Maurepas. Ce n'est alors qu'un dispositif expérimental.
Lors du conseil municipal de juillet 2011, Hubert Chardonnet dresse le bilan du système de vidéosurveillance, qu'il a rappelé ce lundi soir. En clair, les caméras, sont, selon l'adjoint à la sécurité, un outil de prévention et de répression. Il dégaine les chiffres : moins de 30% de délinquance dans le centre-ville, 388 sollicitations de la police par les agents municipaux chargés de visionner les bandes en journée. Hubert Chardonnet estime toutefois que les caméras doivent être accompagnées d'une présence policière sur le terrain. Malgré cela, la mairie est passée à la vitesse supérieure.
HUIT NOUVELLES CAMERAS
Le conseil municipal a officiellement voté ce lundi soir l'extension du dispositif. Cinq caméras seront installées sur la dalle du Colombier. Trois autres arriveront rue de Trégain, pour couvrir le centre commercial Europe (Maurepas) et ses abords immédiats.
"Nous sommes dans la même démarche expérimentale, même si elle devient plus importante", déclare Hubert Chardonnet, en conclusion de la présentation de la délibération.
Le dispositif mis en place lors des précédentes installations sera reconduit. Les images seront visionnées par des agents municipaux entre 13 h 30 et 18 h 30. En dehors de ces heures, le système activera une procédure de visionnage automatique.
La Ville bénéficie de subventions de l'Etat à hauteur de 50% du montant pour installer ces caméras. L'installation est estimée à 190 000 €.
"Nous demandons un moratoire"
Le groupe Alliance citoyenne a voté contre, tout comme le groupe communiste. Les élus de Rennes Métropole écologie et du groupe Rouge et vert se sont abstenus. Au total, la délibération a été adoptée malgré huit abstentions et huit oppositions.
Rémy Lescure, pour Alliance citoyenne, a déploré le fait que la Ville n'ait aucune méthode fiable pour dresser un bilan de la première vague de caméras. Il a donc demandé à "ce que soit missionné un cabinet d'étude indépendant sérieux et fiable afin de réaliser une évaluation objective et scientifique de ce premier dispositif".
Une demande identique à celle formulée par le groupe communiste. Katja Krüger a rappelé que les caméras de surveillance ne remplacent pas les policiers, dont le nombre est insuffisant et les conditions de travail précarisées.
"Le doigt dans l'engrenage"
Le groupe Rennes métropole écologie a également déploré que le dispositif soit étendu sans bilan fiable au préalable. Catherine Debroise rappelle par ailleurs qu'elle s'inquiétait, lors de l'annonce de l'installation des premières caméras, "qu'en mettant le doigt dans cet engrenage on s'exposait à un développement incontrôlé. Eh bien voilà, nous y sommes."
Hubert Chardonnet a indiqué qu'il était à l'Etat de mener une étude complète et qu'elle ne pouvait pas être menée par la Ville.
2 réactions
On notera au passage que les élus communistes demandent ... plus de policiers! On se demande ce qu'il y a de communiste si ce n'est le nom.