« 2012 ne sera pas une rentrée facile, mais elle se passera bien. » L’optimisme d’Alexandre Steyer, recteur de l’académie de Rennes, contraste avec les chiffres de la rentrée prochaine, avancés ce mardi. Sur l’ensemble de la Bretagne, 234 postes devraient être supprimés dans l’enseignement public : 179 postes pour le 1er degré (maternelle et primaire) et 55 postes pour le 2nd degré (collège et lycée). « Au vu des difficultés économiques que traverse la France, nous sommes contraints de rendre ces postes, justifie le recteur. Nous avons essayé de le faire sans nuire à la réussite scolaire de nos élèves. »
31 enseignants « devant la classe » en moins
L’académie joue donc serré avec les ficelles de ses ressources humaines. Le 1er degré, en perte de 512 élèves dans la région, ne verra disparaître que 31 postes d’enseignants « devant la classe ». Le Morbihan devrait ainsi perdre 5 instituteurs quand l’Ille-et-Vilaine en gagnera 28, pour gérer les flux d’inscriptions. En revanche, 70 postes de Rased, ces enseignants spécialisés dans l’accompagnement des élèves en difficulté, devraient disparaître en Bretagne.
Côté secondaire, alors que les effectifs augmentent de 1820 élèves, il n’est pas question de supprimer des emplois d’enseignants. Le rectorat promet au contraire 40 postes de profs supplémentaires en collège et 20 en lycée généraliste, grâce, entre autres, à la fermeture de classes dans les filières professionnelles, en perte de vitesse. Les autres suppressions devraient intervenir sur des embauches de vacataires et d’assistants étrangers ainsi que sur des emplois de gestion académique.
Des chiffres tronques, selon les syndicats
« Un rééquilibrage » affirme le recteur. Un tour de passe-passe inadmissible pour les syndicats. « La baisse des effectifs dans le 1er degré va à l’encontre de ce qu’on observe sur le terrain, affirme Gwénaël Le Paih, secrétaire académique du SNES-FSU. Le rectorat ne prend pas en compte les élèves de moins de 3 ans dont l’accueil est de plus en plus laissé au privé, faute de moyens donnés dans le public. »
Dans le secondaire, les proviseurs et principaux eux-mêmes ont décidé de monter au créneau, dénonçant un écart croissant entre le nombre d’élèves et le nombre d’enseignants. « Le problème reste le même : comment gérer la formation de 1 800 élèves supplémentaires alors que nous avons déjà dû prendre en charge 2 000 élèves de plus l’année dernière avec 40 postes supprimés à l’époque ?», interroge Jean Desmares, principal du collège Germaine-Tillon. Les conséquences se font ressentir directement dans des classes que les enseignants disent surchargées, à 35 ou 36 élèves en Seconde. « Ce ne sont pas 60 emplois en plus dont on avait besoin, mais 160, assène Gwénaël Le Paih. Et ce, juste pour maintenir l’équilibre précaire de la rentrée 2011. »
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