EuroRennes, nouveau lieu d'implantation pour un complexe art et essai ? C'est l'une des nouvelles pistes émergeant du feuilleton concernant le cinéma d'auteur dans la capitale bretonne. Petit rappel des faits : l'été dernier, le réseau Utopia, qui compte six complexes art et essai en France, avait fait part de son envie de s'implanter à Rennes. Une délégation de la municipalité avait visité le cinéma qu'Utopia a ouvert à Tournefeuille, en périphérie de Toulouse.
En réponse à la demande d'Anne-Marie Faucon et Claude Malacarnet, fondateurs du réseau, la mairie suggérait deux endroits pour créer ce nouveau cinéma : l'un aux Gayeulles, près du rond-point à l'extrémité de la rue de Fougères, l'autre au sud de Rennes, entre le centre culturel Triangle et l'école Henri-Wallon. Depuis, le projet est au point mort, Utopia engageant des frais astronomiques dans la numérisation de ses écrans existant. Toujours est-il que l'arrivée d'un nouvel opérateur à Rennes avait fait « sortir du bois », selon l'expression de l'adjoint à la culture René Jouquand, les deux exploitants historiques du cinéma art et essai à Rennes, Patrick et Jacques Frétel, respectivement directeur et programmateur de L'Arvor.
Cinq lieux envisagés
Les jumeaux le clament depuis longtemps : ils sont « à l'étroit » rue d'Antrain. Les deux écrans, auxquels il faut ajouter les deux salles du Ciné TNB, ne « suffisent pas à absorber une production en constante augmentation ». Face à la perspective de voir débouler Utopia à Rennes, les frères Frétel ont dégainé leur propre projet. Quatre ou cinq salles art et essai pour un coût évalué à trois ou quatre millions d'euros.
Des représentants du comité d'administration de L'Arvor ont rencontré la semaine dernière l'adjoint à la culture et des responsables de l'urbanisme à la ville de Rennes. « Une réflexion très constructive », selon Patrick Frétel. La mairie a désigné cinq lieux pouvant accueillir ce nouveau cinéma, qui remplacerait L'Arvor : outre les Gayeulles et le Triangle, la piste d'un nouveau bâtiment à la place de l'ancienne école Kennedy, à Villejean, a été évoquée. L'ensemble immobilier de la rue de Lorraine abrite actuellement les sièges sociaux de plusieurs associations culturelles.
Au plus tard dans cinq ans
Autre lieu, plus conforme aux désirs de Patrick et Jacques Frétel de rester dans le centre de Rennes : l'Hôtel-Dieu, dans sa partie située rue de la Cochardière. Un scénario qui se révèle compliqué. « C'est un terrain privé, qui appartient au CHR, et l'endroit est classé », commente Patrick Frétel. Les architectes de Bâtiments de France devront donc donner leur aval.
Cinquième hypothèse et véritable nouveauté : un lieu entièrement neuf au sein du futur quartier d'affaires EuroRennes, autour de la gare. La mairie propose de créer ces nouvelles salles sur la future dalle qui couvrira l'espace partant de la voie ferrée, côté sud, et couvrant l'actuel îlot Paul-Féval. Là où doit sortir de terre une tour de « grande hauteur » avoisinant 100 m. Le cinéma serait donc au pied du gratte-ciel. « L'équipe de L'Arvor va étudier ces cinq pistes », indique Patrick Frétel. Le comité d'administration donnera sa réponse à la mairie d'ici à fin mars. Car tout est question d'échéance. Pour le directeur du cinéma de la rue d'Antrain, ce nouveau projet art et essai doit voir le jour au plus tard dans cinq ans.
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D'autre part, mais il s'agit d'un point de vue individuel, je fréquente l'Arvor non pas seulement parce que c'est un ciné "Art et Essai" (et aussi grand public, d'ailleurs), mais aussi parcequ'il est à 10 minutes de chez moi. L'implanter sur EuroRennes l mettrai dans la partie Sud de la ville, comme le TNB.