Bertrand Plouvier, conseiller municipal d'opposition (UMP) à Rennes et candidat aux élections législatives dans la deuxième circonscription d'Ille-et-Vilaine, a effectué ce mercredi ce que l'on peut légitimement considérer comme un "coup politique".
L'élu demande, dans un communiqué, l'inscription des dépenses liées au spectacle Le Petit Géant -projeté fin décembre sur la façade de l'hôtel de ville de Rennes- aux comptes de campagne de François Hollande "et des candidats PS rennais investis aux législatives".
Cette requête intervient quelques semaines après la "polémique de Noël" déclenchée par ledit spectacle. Ce dernier avait été jugé "trop politique" par un certain nombre de Rennais, qui lui reprochaient ses allusions peu subtiles au président Sarkozy doublées d'une "critique subliminale" de la politique gouvernementale actuelle.
la trêve des confiseurs "bafouée"
Le total des frais liés au Petit Géant atteint 85 000 €. Bertrand Plouvier annonce qu'il va saisir la commission de contrôle des comptes de campagne. L'élu, très en verve et quasi lyrique, s'emporte contre la mairie : "Il me semble que la municipalité de Rennes attache peu d'importance à l'esprit de Noël. Celle-ci a profité de cet instant opportun à la convivialité et au partage, pour au contraire diviser et désunir. Ils ont tout simplement politisé l'esprit des fêtes de Noël avec ce spectacle projeté sur les façades de notre Hôtel de Ville."
Et d'ajouter : "Suite aux premières diffusions, face aux nombreuses réactions de désapprobation, la majorité de la ville de Rennes a tenté de se disculper en arguant que le metteur en scène du spectacle avait carte blanche. [...] il est également stipulé que la ville de Rennes, et ses services, participent aux réunions. Donc la ville de Rennes, ses services, ses élus, ont validé et soutenu ce spectacle. Je ne conteste pas la forme, l'esthétisme, la mise en valeur de notre Hôtel de Ville. Mais je reproche, par les actes militants de la municipalité, de ne pas avoir respecté la traditionnelle trêve des confiseurs et d'avoir ainsi bafoué l'esprit de Noël."
Lors du dernier conseil municipal, lundi, Bertrand Plouvier avait déjà annoncé qu'il allait saisir la commission de contrôle des comptes de campagne à ce sujet. L'adjoint à la communication Yves Préault lui avait répondu que la « liberté artistique » primait.
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