C’est une donnée qui peut faire peur. Révélés ce midi par la préfecture, les indicateurs de la délinquance révèlent une hausse de 28,03 % de la criminalité organisée et de la délinquance spécialisée dans le département. 338 faits auraient ainsi été recensés en 2011. Certes. Mais quels types de faits ? « C’est là toute la question, prévient une source policière. C’est un indicateur fourre-tout qui regroupe tout un tas de choses qui n’ont rien à voir. » Même temporisation à la préfecture : « Sous ce titre, on parle aussi bien de trafics de stupéfiants, de séquestrations que d’escroqueries financières. »
111% d’élucidations
Impossible, pour l’heure, de savoir quelle est la part de chacun des crimes regroupés sous cette bannière. Une chose est sûre, cependant : le trafic de stupéfiants se porte bien. « Désormais, en perquisition, nous retrouvons des machines à trier les billets, reprend-on à la police. Les gars ne s’embêtent même plus à compter les petites coupures. » Un phénomène loin d’être propre à l’Ille-et-Vilaine. « Ce sont des groupes qui travaillent généralement sur tout le grand Ouest. Et qui entraînent derrière eux toute une délinquance connexe comme le car-jacking ou le braquage. »
Des faits à mettre en rapport avec le taux d’élucidation de la criminalité organisée. Bien qu’en baisse de 7,61 points, celui-ci reste très élevée à près de 111%. « Nous avions fait un bond de 20% dans l’élucidation l’année dernière… Difficile de maintenir la barre à ce niveau », sourit-on à la police.
Les autres chiffres de la delinquance
Les atteintes aux personnes reculent d’1,56%. Avec un taux de 4,77 pour 1 000 habitants, l’Ille-et-Vilaine se situe bien en-deçà de la moyenne nationale (7,43/1 000). Idem pour les atteintes aux biens, qui baissent de 4,25% : avec 25,31 cas pour 1 000 habitants, le département est classé 52e au niveau national.
Les cambriolages diminuent de 11,4% en 2011. Toutefois, une recrudescence avait été observée entre septembre et novembre. La préfecture promet donc qu’ils resteront une priorité pour 2012.
Les infractions routières sont en baisse de 6% pour les conduites sans permis, de 5,97% pour les conduites sous l’empire de l’alcool et de 12,73% pour les conduites sous l’empire de stupéfiants. En revanche, le nombre de grands excès de vitesse a augmenté de 25,16%. D’une manière générale, en 2011, la tendance est à la baisse des accidents corporels. Pourtant, avec 60 décès durant l’année, le nombre de tués sur les routes est en hausse de 9% dans le département. Le mois de janvier s’était révélé particulièrement meurtrier (13 accidents mortels).
