Ne cherchez pas à jouer au jeu des sept différences, vous y passerez trop de temps. Comparer les images des premières esquisses du projet EuroRennes, rendues publiques en avril 2010, avec les nouvelles images diffusées ce mercredi s’avère délicat. Pourtant, celles-ci comportent bien des différences. Tour du futur propriétaire avec Emmanuel Couet, vice-président de Rennes Métropole en charge de l’aménagement.
Le Mensuel : Quelles significations ont ces nouvelles images ?
Emmanuel Couet : Nous sommes dans la dernière ligne droite, mais les documents présentés aujourd’hui ne marquent qu’une nouvelle étape. Il s’agit d’esquisses architecturales, de silhouettes. Le futur pôle multimodal sera présenté au public fin mars ou en avril, lors d’une exposition.
Quelle est la principale évolution du projet par rapport à sa présentation initiale ?
La philosophie demeure. Le concept du paysage construit, de la création d’un grand espace public reliant le nord et le sud en enjambant la voie sont maintenus. Notre première approche prévoyait que ce paysage soit créé au-dessus de la gare. Cette nouvelle esquisse le fait désormais passer légèrement à l’ouest. Il démarrera aussi en pente douce depuis l’esplanade nord et permettra une accession directe au bâtiment des voyageurs.
Le grand espace public surplombant les voies semble quand même s’être réduit ?
C'est vrai. Il l'a été légèrement. Disons, qu’il s’agit d’une approche plus modeste, plus réaliste. Notre choix est guidé par deux raisons. Il permet de mieux valoriser les nouvelles façades au nord de la gare et il est motivé par des questions de coût.
Justement, combien coûtera cette nouvelle gare ?
On n’a jamais donné de chiffres, jusqu’à présent. Le plan de financement sera bouclé dans quelques mois. Nous communiquerons dessus à ce moment là.
Vous devez quand même avoir une petite idée du coût de ce projet à quelques mois du bouclage de son plan de financement…
Oui, mais nous devons analyser encore nombre de résultats d’études. Nous communiquerons le moment venu.
Une estimation permettrait pourtant d’éclairer nos lecteurs.
Réalisée en 2007, une étude, menée par un autre cabinet, avait donné un estimatif de coût grossier. Il tournait autour de 100 millions d’euros.
Qu’en est-il du projet de Zone d’aménagement concertée autour de la gare ?
Le dossier de réalisation de la Zac EuroRennes sera soumis aux conseils municipal et d’agglomération avant l’été. Nous y préciserons le nombre de logements, de mètres carrés dévolus aux activités économiques, d’équipements collectifs, d’espaces publics. Nous définirons aussi précisément son ambition générale.
"haute Comme les Horizons"
Le projet initial prévoyait 150 000 m2 de bureaux, 12 500 emplois, 600 à 1 000 logements, 12 000 m2 d’hôtellerie et 30 000 m2 de commerces. Ces chiffres varieront-ils dans le projet présenté en conseil municipal ?
On reste assez proche de ce qui a été annoncé. L’offre commerciale sera peut-être revue à la baisse pour ne pas déstabiliser les autres commerces, notamment au Colombiers. Il s’agit de créer une offre commerciale complémentaire mais pas concurrente.
Qu’en est-il de la future tour de grande hauteur sur l’îlot Féval ? En 2009, vous annonciez qu’elle mesurerait 18 étages. Puis, 25 à 30 étages en 2010. Qu’en sera-t-il en 2012 ? 45 étages ?
Non. Nous allons rester autour de ce qui était prévu. Une tour d’une centaine de mètres de haut (autour de 30 étages, donc, NDLR). Un immeuble de grande hauteur, équivalent aux Horizons ou à l'Eperon. Il s’agit d’un gabarit qui existe déjà dans la ville. Nous souhaitons qu’il constitue l’emblème de ce projet.
Quel est le calendrier des opérations ?
Nous allons entamer les travaux de viabilisation fin 2012. En 2013, les choses s’accéléreront. Nous entrerons dans la phase de restructuration du bâtiment voyageurs, de l’extension des parkings, du lancement de la réalisation de l’îlot Féval… La gare devra être achevée début 2017 avec l’arrivée de la ligne à grande vitesse. Nous travaillerons ensuite sur l’intermodalité avec la ligne B du métro, prévue en 2019. L’ensemble sera achevé en 2025. Il faut rappeler que tous les travaux se dérouleront sans interrompre le trafic des trains.
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