Le journaliste breton Bertrand Gobin est convoqué devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, mardi prochain 7 février, après la plainte pour diffamation déposée par Edouard Leclerc à l’encontre de ce journaliste rennais, spécialiste des questions de la grande distribution et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.
L’homme d’affaires breton, fondateur du groupe de distribution du même nom, reproche à Bertrand Gobin d’avoir publié en 2010 des articles mettant en cause son comportement durant l’Occupation. Un comportement, qui selon le journaliste, l’avait jusque-là privé de Légion d’honneur. Edouard Leclerc poursuit plusieurs propos faisant notamment état de l’irresponsabilité pénale dont il a bénéficié à la Libération, alors qu’il était accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
Claude Guéant était passé outre l'avis du patron des RG
Dans le cadre de la procédure, Bertrand Gobin va notamment faire citer Christine Lagarde en qualité de témoins. C’est sur le contingent du ministère de l’Economie -dont l'actuelle patronne du FMI avait alors la charge- qu’a été décoré Edouard Leclerc.
Egalement cité par la défense : Pascal Mailhos. L’ancien directeur national des Renseignements généraux et actuel préfet de la région Bourgogne s’était opposé à la remise de cette décoration à Edouard Leclerc alors qu'il était préfet du Finistère. Le général Jean-Pierre Kelche, grand chancelier de la Légion d’honneur et ancien chef d’état major des armées avait, lui, instruit le dossier d’attribution de cette décoration.
D’après les révélations mises en ligne sur le site bertrandgobin.com, cette décoration controversée avait fait l’objet d’un échange téléphonique houleux entre le préfet du Finistère et Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, qui était passé outre l’avis négatif de Pascal Mailhos.
Le Comité de soutien de Bertrand Gobin, parrainé par Stéphane Hessel, Michel Onfray et Pierre Péan, est parvenu à collecter via une pétition en ligne plus de 1 700 signatures. La plainte d’Edouard Leclerc, comme toutes celles qui visent à détourner de leur travail les journalistes d’investigation, n’a en fait qu’un objectif : discréditer Bertrand Gobin et lui imposer une procédure et des conséquences financières que son statut d’indépendant ne lui permet pas de supporter.
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M CIMADORE
membre EN TOUTE FRANCHISE et collegiale nationale CIDUNATI