En mai 2010, l’Etat décidait d’investir deux milliard d’euros dans la création de six instituts de recherche technologique (IRT). Plusieurs régions ont postulé, dont la Bretagne avec le projet B-com. celui-ci a d’abord été recalé. Les instigateurs, comme Vincent Marcatté, président du pôle Images et réseaux, ont donc revu leur copie.
La deuxième version du projet s’appelle B-com 2.0. Elle est tournée vers l’image et les réseaux ainsi que sur l’e-médecine. Objectif, selon la Région : "Fournir d’ici les dix prochaines années les solutions qui faciliteront nos usages des nouvelles technologies. Immersion dans l'image, confiance numérique, protection de la vie privée, sécurité et efficacité des réseaux, applications au monde de la santé sont au coeur des enjeux traités par l’IRT."
Le jury a donné son feu vert le 7 décembre dernier et l’Etat a ensuite donné son accord. B-com représente un budget prévisionnel de 250 millions d’euros sur dix ans, avec l’implantation à Rennes, Brest et Lannion de trois plates-formes de recherche. Soit 500 chercheurs, 2 000 emplois directs générés et entre 10 000 et 20 000 emplois indirects.
L'ensemble des élus locaux, droite et gauche réunies, a salué cette annonce. Il s'agit même, selon Jean-Yves Le Drian, président de la Région, de "faire de la Bretagne la Silicon valley européenne".
Le Mensuel : La création de l'Institut de recherche technologique (IRT) B-com semblait nécessaire. La France est elle si en retard dans le domaine du numérique ?
Vincent Marcatté : C’était important. Quand l’Etat a fait un appel d’offres pour la création de ces IRT, six projets ont été sélectionnés. Mais aucun n’était spécialisé dans le domaine du numérique. J’avais donc publié une tribune pour que B-com soit créé. Si on ne développe pas suffisamment ce domaine, la France risque d’être en retard. L’objectif, à terme, est de faire du pays un leader mondial dans le domaine du numérique.
Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, parle d’un « formidable espoir » pour la Bretagne. Quel impact aura l’IRT sur la région ?
D’abord, il faut faire de la région un endroit attractif pour les entreprises spécialisées dans le numérique. La Bretagne sera le phare qui va éclairer et attirer les entreprises mondiales dans ce domaine. Il y a également l’impact sur le travail. Environ 2 000 emplois seront générés en Bretagne grâce au projet. Enfin, il faut savoir que le numérique irrigue pas mal de secteurs économiques. Que ce soit l’agroalimentaire ou la mer. Donc, être en pointe sur le numérique, c’est aussi favoriser les autres secteurs de l’économie bretonne.
Votre programme s’oriente vers l’image, les réseaux, mais également la médecine. Comment s'articulent ces domaines ?
Quand nous avons monté le projet, nous traitions déjà ces domaines. Les compétences sont là, maintenant. Il s’agit d’aller plus loin. B-com est là pour ça. Par exemple, Images et réseaux, dont je suis président, avait lancé le projet Il était une fois 5. Il s’agissait de voir comment la diffusion de l’image influait sur la narration de l’histoire. Avec B-com, nous pourrons aller plus loin sur ce genre de sujets.
2 réactions
Les 1 500 autres "emplois directs" seraient plutôt créés dans les entreprises qui s'installeraient ou se développeraient autour pour exploiter les résultats de la recherche. C'est sans doute optimiste, mais pourquoi pas.
Les 10 000 à 20 000 "emplois indirects" seraient induits dans tous les autres secteurs. Exemple : 2 000 chercheurs = 2 000 familles = 4 000 enfants = 150 instituteurs et professeurs. Je suppose qu'il existe des modèles économiques qui permettent d'estimer que X emplois créés dans une activité génèrent Y emplois indirects autour (commerces, transports, santé etc.).
On verra bien. L'expérience montre aussi que des promesses d'emplois en période électorale deviennent bien moins d'emplois réels par la suite...
25 millions par an
2 000 emplois directs générés
soit 12500€ par emploi par an 1041;6 € par emploi y compris les charges sociales
donc environ 520€ de salaire net
ou on ne nous dit pas tout ou on nous prend pour des truffes