Cela couvait depuis 2010 (lire Le Mensuel n°18). C’est désormais officiel : le collectif artistique rennais L’Elaboratoire et la commune de Pont-Péan négocient une installation du premier dans un terrain situé sur la seconde. Les membres de « L’Elabo » et les élus pont-péannais expliquent leur démarche dans un communiqué commun finalisé ces derniers jours, que Le Mensuel s’est procuré.
déménagement contraint
Cette « migration » du collectif en milieu semi rural a été en partie provoquée par des problématiques foncières. Actuellement, L’Elaboratoire occupe deux espaces distincts au sud-est de Rennes, dans le quartier Baud-Chardonnet. Un terrain situé plaine de Baud fait office de lieu de vie sur lequel sont notamment installés des camions, caravanes et salles de répétition. Non loin, le 48, boulevard Villebois-Mareuil accueille des hangars de travail, des logements et un lieu d’exposition. Problème : la plaine de Baud, située en zone d’aménagement concerté (Zac), doit devenir un nouveau quartier dans les années à venir. Les « Elaborantins » seront donc contraints de déménager.
« Conserver un pôle urbain »
Dans ce contexte, Rennes Métropole, propriétaire de terrains à Pont-Péan, a proposé un « relogement » dans cette commune du sud de l’agglomération. Offre acceptée, « à deux conditions » : « Conserver un pôle urbain et son ancrage dans le quartier sud-est » et « pourvoir le terrain d'accueil pont-péannais de bâtiments capable d'accueillir les activités "élaborantines" avec un accompagnement financier de Rennes Métropole ». Et d’ajouter, dans le communiqué : « Il s'agirait donc de créer un projet "bipolaire", urbain et périurbain. »
« parachutage »
Des discussions a priori fructueuses ont lieu entre les membres du collectif et la mairie de Pont-Péan, qui corédigent actuellement un « un projet de vie de L’Elaboratoire sur le territoire pont-péannais ». Objectif : préparer sereinement le « parachutage » de L’Elabo et envisager celui-ci au niveau cantonal : « [Cela] nous a également conduit […] à envisager l’écriture du projet à l’échelle d’un territoire plus large et qui a déjà toute sa pertinence au regard des intercommunalités existantes, à savoir l’échelle du canton de Bruz. » Des communes telles que Bourgbarré, Orgères et Saint-Erblon pourraient dès lors être associées au projet.
8 ha à Pont-Péan
Selon nos informations, l’installation dans un terrain pont-péannais situé près de la RN 137, évoquée dans un premier temps, n’est plus d’actualité. Un autre espace de 8 ha, comprenant un corps de ferme de 300 m² à rénover, serait privilégié. Des bâtiments supplémentaires seraient également construits sur place, dans le cadre d’un cahier des charges qui « reste à établir », Rennes Métropole finançant le tout.
la mairie de Pont-Péan à pas de loup
Dans ce dossier, la municipalité de Pont-Péan, malgré sa volonté affichée d’accueillir le collectif artistique, avance à pas de loups. Il s’agit visiblement, pour les élus, de ne pas susciter l’incompréhension de leurs concitoyens en précipitant un « atterrissage forcé » de L’Elabo. « La commune de Pont-Péan a demandé à M. Delaveau, maire de Rennes, de laisser le temps nécessaire au murissement d’un tel projet, sachant qu’au final chaque commune et notamment Pont-Péan reste décisionnaire de la suite à donner », indique le communiqué.
l'illégalité à défaut de solution
Dans le meilleur des cas, l’installation d’une partie des activités de L’Elabo à Pont-Péan ne pourra pas intervenir avant un à deux ans. Problème : les membres du collectif devront quitter le terrain de la plaine de Baud en mars prochain, urbanisation de la Zac oblige… A l’heure où nous publions cet article, aucune solution transitoire n’a été trouvée. Les négociations avec les services de la ville de Rennes et la société Territoires, aménageur de la Zac, n’ont pas abouti pour l’instant. Le collectif affirme se trouver dans une « impasse institutionnelle » et prévient : « A défaut de solutions correctes, le relogement de l'association pourrait encore passer par une période d'occupation des sols de manière illégale. »

il y a d'un coté ceux qui sont près à partir sur pont péan, en fonction de ce que la mairie aura a proposer.
et ceux qui ne veulent pas quitter l'agglomération rennaise. je peus les comprendre, car la vie en mode "alternative", et "artistique", s'est diffusée avec la ville rennaise. certains y travaillent, d'autres y trouvent leurs fournitures, d'autres n'ont pas le permis, ou pas de voitures.
Déménager en dehors de rennes impliquent d'énormes changements, notamment de style de vie. La vie à la campagne, n'intérresse pas tout le monde.
Je ne connais pas l'élabo depuis aussi longtemps qu'il existe. mais j'y ai trouvé des gens entiers, sincères, en accord avec leurs vies et leurs activités artistiques (ou autres). j'y participe moi meme un peu avec l'atelier couture.
si une partie de l'élabo migre a sur le canton de Bruz. je doute que le lien 48 - et Pont Péan ne s'éloigne peut à peu pour finir par se dissocier et se briser.
bref, n'oublions pas qu'un "squat", qu'il soit artistique ou pas, est par le faite, techniquement tjs en danger d'expulsion. l'élabo, a su s'associer avec la mairie pour faire aboutir son projet. Peut importe la route que ça prendra, je lui souhaite encore longue vie !! :)
Désole mon français mais je ne suis pas né en France, mais si je suis encore en France c'est pour l Elabo
L Elaboratoire après plus de une décade qui donne au gens l opportunité de trouver et vivre quelque chose d utopique très difficile de trouver aillieur
Liberté égalité et fraternité ça sonne très cliche mais le plus importante ce que ce vraie, ce vraie et ça ce le meilleur.
L Elaboratoire âpres d avoir vécu un incendie criminel, d avoir être déplace et divise il a pourtant toujours continue a donner de la joie a son public.
Je crois que le minimum de reconnaissance ce de leur trouver un espace pérenne pour continuer cette aventure qui est pour tous!! aussi pour les jaloux.
Si on doit faire respecter l emblème de la France, l Elaboratoire devrait être un ministère.
Louer un terrain ce pas la solution , il doit continuer libre pour rester intègre.
Pour continuer a accueillir des gens différents et sans contraintes financières.
Louer un terrain ce n est plus le memme rapport avec le public et l argent ni avec le choix de trouver des alternatives au capitalisme.
Suivan
Le village artistique de l'Elaboratoire est un espace de liberté à partager, un lieu de passage, de rencontre, de résidence, d'interrogation, de gestation et, de manière incontournable,un lieu de création.
Le collectif est composé d'artistes, d'artisans, de techniciens, d'étudiants, de prospecteurs d'idées, de bienfaiteurs, résidents ou pas. Chacun œuvre à son rythme et ajuste son temps entre participation collective et projet personnel.
L'association organise dans son village et à l'extérieur plusieurs évènements réguliers ou improvisés grâce auxquels elle présente ses créations, ses inventions, son mode de vie, ses revendications.
Plus d info
elaboratoire.free.fr