La délibération visant à la modification du périmètre scolaire dans le quartier Villejean a été présentée par Gwenaëlle Hamon, adjointe chargée de l’éducation, ce lundi soir, lors du conseil municipal. Celle-ci prévoit la fermeture du groupe scolaire Kennedy et le transfert des élèves vers les autres écoles du quartier, afin d’optimiser l’utilisation des locaux. Ce redéploiement implique qu’« environ deux tiers des élèves de l’actuel groupe scolaire Kennedy seront orientés vers le groupe scolaire Picardie (autre école de Villejean), un tiers vers le groupe scolaire Jean-Moulin ». En cause : la baisse de la démographie dans le quartier. L’application de cette mesure, évoquée à plusieurs reprises depuis le début des années 2000, avait été annoncée en août dernier par la municipalité. Le quartier accueille aujourd’hui, selon les services de la Ville, 1 014 élèves contre 1624 en 1992.
Tonnerre d'applaudissements
Cet argument ne convainc pas les parents d’élèves membres du Comité de défense des écoles publiques de Villejean. Une quarantaine d’entre eux étaient présents lors de la séance du conseil. Leur porte-parole s’est fendu d’une déclaration conclue sur un ton implorant : « Ne détruisez pas quelque chose qui fonctionne très bien. Vous qui êtes socialistes, ne contribuez pas à la casse du secteur public. Votre pouvoir en place depuis plus de trente ans vous a écartés du socialisme de concertation. Entendez nous enfin ! Ecoutez nos propositions ! Nous sollicitons un entretien pour évoquer enfin le sujet sereinement ! » Tonnerre d’applaudissements dans le public. Mines défaites sur l’estrade de la majorité. Plus d’une heure d’échanges parfois houleux ont suivi. Gwenaëlle Hamon a ouvert le bal : « Je veux redire que la fermeture d’une école n’est jamais une décision simple à prendre. Mais cela fait partie de la vie d’une ville et de l’évolution de ses quartiers, tout comme l’ouverture d’écoles. » Et d’évoquer la « vingtaine de rencontres » effectuées depuis la rentrée 2009 pour discuter de cette fermeture avec les acteurs locaux.
L’opposition s’est engouffrée dans la brèche, profitant de l'occasion pour pourfendre la politique municipale. Bruno Chavanat, leader du groupe Union pour Rennes capitale, a dénoncé une décision aux objectifs « contradictoires », « confus » et « pas complètement assumés ». « Quel résultat cherche-t-on à obtenir en terme de mixité ? Qu’adviendra-t-il du site Kennedy ? Comment envisagez-vous la démographie à Villejean ? Voulons-nous que le quartier perde des habitants ? Vous avez fonctionné ici comme à Maurepas, Maison bleue et Carrefour 18 : on ferme d’abord, on discute après ! »
Attaques en rafale
Le MoDem a également exprimé ses interrogations. « Au vu des éléments que nous avons consultés […] nous sommes opposés à la fermeture de cet établissement. […] Pourquoi ne pas avoir pris la décision de fermeture quand les effectifs étaient au plus bas ? En 2007 par exemple, est-ce parce que les élections municipales s’annonçaient ? »
Face à ces attaques en rafales, la majorité a défendu le projet en bloc, par la voix d’Eric Berroche et de François André. Sylvain Dajoux, représentant du groupe Rouge et vert, ainsi que Catherine Debroise (Rennes Métropole écologie) ont exprimé des « réserves » mais annoncé qu’ils voteraient la délibération. Et c’est le maire, Daniel Delaveau, qui a enfoncé le clou : « Comment pouvez-vous dire, M. Chavanat, alors que nous menons des programmes de rénovation majeurs à Villejean, que ce quartier ne fait pas partie des priorités de nos investissements ? Ce qui compte pour nous, c’est de continuer à investir. […] Il n’y a jamais eu de baisse du budget de l’éducation dans cette ville. Quelle est la ville en France qui consacre le plus d’euros par habitant à l’éducation ? C’est Rennes, et ça restera Rennes ! » Le texte a été voté.
N.L.

Personne ne peut rester sans voix devant la contre-exemplarité développé par l'actuelle majorité.
Quel que soit le sujet, le quartier, les rennaises et rennais constatent la dégradation du cadre de vie et du lien social.
Au lieu d'enchainer les discours petits fours, notre maire-président d'Agglo ferait bien d'écouter le peuple qui gronde et insiste pour que ce système, "vieux de 30 ans et ne rendant pas le service au regard de son coût" soit revu et corrigé enfin, pour plus de démocratie, de citoyenneté et de respect du pacte social, synonyme de maintien des institutions et des valeurs républicaines.
L'école ferme ici, le centre social par là et les bibliothèques ailleurs également, la faute à qui? Pourquoi en-est-on arrivé là ?
Rennes, ta jeunesse fout le camps car les familles se barrent, elles partent justement chercher l'alternative "au tout minéral" et les équipement "bling-bling" encensé par cette majorité. La vérité est ailleurs car la Nature recule dans la ville et le bon sens aussi!
Le PS est vraiment l'ombre de lui-même, incapable de se renouveler et tendre la main au renouveau effectif de la société civile
Ce parti n'a de social que le nom, il faut s'en rappeler et aller voter pour des engagements plus sincères, authentiques. Le modèle démocratique fonctionne encore, il ne faut pas l'oublier!
Visiblement la même façon de faire qu'avec la fermeture de la bibliothèque St Martin ! La réunion du Comité de quartier n'avait pour but que de discuter de l'après fermeture puisque, quelque soit l'avis des gens du quartier, cette bibliothèque fermerait de toutes façons nous a t on annoncé d'entrée de jeu ! Quelle belle conception de la concertation et du débat démocratique !Il faut continuer à faire entendre notre désaccord à cette municipalité qui n'aura bientôt plus (ou déjà plus ?!) de socialiste que le nom !
- Je ne comprends pas cette attitude de parler d'autre chose ( le gouvernement, les investissements passés, les votes des opposants.. ) sans chercher a apporter de réponse, ni même a discuté.
-Il est proprement hallucinant que parce que nous soyons contre la fermeture d'une école, M. Delaveau considère que nous apportons notre soutient à Sarkozy
(post coupé par la rédaction)