Le 30 avril, bye-bye LibéRennes, LibéOrléans, LibéLille et LibéStrasbourg. Après trois à quatre ans d’exercice sur la toile, ces sites d'information locale s'éteindront. La direction du journal Libération a décidé de fermer quatre de ses sept blogs internet régionaux. Raisons invoquées : les manques de « rentabilité » et de « potentiel de développement » de ces sites, alimentés par des correspondants pigistes. « La direction ne s’est pas donnée les moyens de trouver une rentabilité », dénoncent les syndicats. « A deux reprises déjà, on nous a annoncé cette fermeture, se souvient Pierre-Henri Allain, rédacteur de LibéRennes revendiquant 3300 pages vues par jour en moyenne. Jamais, nous n’avions reçu de lettre pour nous le signifier. »
« C’est scandaleux, c’est de la gestion à la petite semaine », tonne François Wenz-Dumas, délégué SNJ, syndicat majoritaire à Libération. « On pose un regard froid sur des recettes. Est-ce qu’on se demande si le service politique rapporte de la pub ? Les correspondants remontent des informations, écrivent pour le journal papier, implantent la marque en région. C’est odieux. » « A l’heure où la presse locale se concentre de plus en plus, notre travail est souvent considéré comme une bouffée d’air », fait valoir Mourad Guichard, correspondant à Orléans.
Une carte à jouer en région
Cette décision énerve d’autant plus les responsables syndicaux qu’elle a été prise lors d’une vacance de la direction. « Laurent Joffrin avait un pied dehors et Nicolas Demorand n’était pas encore arrivé », ajoute le syndicaliste. Pour s’opposer à cette amputation qui épargne les sites de Marseille, Lyon ou Toulouse, alimentés par des salariés détachés de Paris, les syndicats comptent sur leur nouveau chef de rédaction. Une rencontre est prévue à ce sujet en début de semaine prochaine. Une pétition recueillant plus cent signatures lui sera remise. « Il y a certainement un terrain d’entente possible », avance Fatima Brahmi, syndiquée CGT. La direction vient d’approuver la création d’une dizaine de postes pour le web. Il faut discuter, tout n’est pas perdu. Libération a une carte à jouer en région. » De son côté, la direction n'a pas souhaité s'exprimer.
Libération, plus parisien que jamais ?
En attendant, les pigistes s’interrogent. Comment se fait-il qu’un journal qui cherche à gommer son image « parisianiste », commence par supprimer ses blogs régionaux ? « C’est d’autant plus incompréhensible que Libération souhaite faire rayonner sa marque en province. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle développe les Forums Libération », explique Pierre-Henri Allain, correspondant à Rennes.
Une chose est sûre. Il risque de flotter une drôle d'ambiance au Forum Libération qui se tiendra à Rennes les 14, 15, 16 avril. Quinze jours avant la fermeture du site internet.

Que faire ?
Avec mes encouragements à toute l'équipe !
Si mes souvenirs sont bons, le jour où FIP avait voulu fermer l'une de ses stations de province, une pétition d'auditeurs avait fait reculer la direction. Une idée, non ?
Soutien à PH.
il aime vall et consort, alors mouiller sa chemise pour soutenir les autres, faut rester lucide
RENDEZ NOUS DIDIER PORTE