« La mairie et la préfecture ont effacé la verrue médiatique du squat de la rue Postel. En voilà une nouvelle ! C'est la preuve qu'il y a encore beaucoup de demandeurs d'asile à dormir à la rue chaque soir », lance un membre de l’association Droit au logement (Dal). Regroupés dans le hall d’un bâtiment désaffecté appartenant à l’Etat, situé au 280, rue de Fougères, les militants du Dal viennent de boucler le dernier décompte des squatteurs. Depuis vendredi, quelque 80 Africains, Mongols et ressortissants de l’Europe de l’est se sont installés dans les 600 m² de ce bâtiment anciennement occupé par le ministère de l’Agriculture.
Les demandeurs d’asile se regroupent par communauté. Chaque pensionnaire inscrit son nom sur la porte de la pièce réquisitionnée. Les 600 m² affichent presque complet. Seuls quelques espaces, mal isolés, où l’eau s’infiltre, sont encore vacants. « C’est mieux que rien. Ici, on est à l’abri. Dehors, il fait vraiment froid. On peut se regrouper et être plus forts », explique en chœur un groupe de Congolais.
La situation inquiète le Dal : « Nous manquons de couvertures et de matelas. Les associations sollicitées n’ont rien à nous fournir. Nous avons demandé à la municipalité la mise en place de poubelles... Nous n’avons pas eu de réponse. Si ça continue ainsi, c'est un bidonville que nous allons construire ici ! »
Après la rue Postel, la rue de Fougères
Tous espèrent la même issue que pour le squat de la rue Postel. Après plusieurs semaines de résidence dans un lieu insalubre et une médiatisation grandissante, la mairie et la préfecture avaient fini par trouver des solutions de relogement pour les 80 demandeurs d'asile occupant les lieux.
Mais la donne est différente. Le bâtiment réquisitionné appartient à l’Etat, légalement compétent pour loger les demandeurs d’asile. « Nous voulons les mettre face à leurs responsabilités. Certaines de ces personnes sont à la rue ou courent quotidiennement après un hébergement d’urgence depuis plus d’un an ! », dénonce Yannic Cottin du Dal.
Ce lundi, un huissier a constaté l’occupation des lieux. la préfecture attend désormais « d’avoir la liste des squatteurs pour étudier leur situation au cas par cas ». Les services de l'Etat songent aussi à saisir le tribunal judiciaire pour lancer une procédure d’expulsion. A quelques jours de la fin de la trêve hivernale, l’association Droit au logement s’annonce prête à contrecarrer ce scénario devant les tribunaux.
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Envie ni
Ambition de
Penser, d'
Elever sa
Conscience
... à Lyon comme ailleurs, les ânes montrent leurs dents : "à moi tout le foin, je suis né dans ce pré !"