Squat de la rue de Fougères : le village improvisé des demandeurs d'asile
Ouvert fin février, le squat de la rue de Fougères accueille de plus en plus de demandeurs d'asile. Ils seraient actuellement 150. Faute de place, certains dorment dans des tentes.

Une dizaine de tentes champignonnent désormais au 280, rue de Fougères, à Rennes. Faute de place disponible dans le bâtiment du ministère de l’Agriculture, un Mongol a même installé une vieille caravane dans la cour extérieure du squat. Les préfabriqués ont été forcés afin d'accueillir quelques personnes supplémentaires. Depuis neuf semaines, l’association Droit au logement (Dal) a réquisitionné ce bâtiment de 800 m². Quelque 150 demandeurs d'asile y logent désormais.

Eugénie fait partie des squatteurs. Cette Congolaise d'une quarantaine d'années explique : « Ici, je sais que j'ai un endroit où dormir. Lorsque j’appelais le 115 pour trouver une place d’hébergement d’urgence, on me répondait : "Pas de place actuellement, rappelez à 16h." A 16 h, on me disait : "Réessayez à 18 h." Parfois, je dormais à la rue... » Avec son mari, elle s’est installée au premier étage de l’immeuble.

Ces Africains partagent une pièce de six mètres carrés à quatre. « Nous sommes arrivés il y a trois semaines. Heureusement, deux compatriotes nous ont fait une place dans leur chambre. Nous avons installé notre matelas ici. » Ledit matelas touche celui de leurs « colocataires ». Il y a à peine la place pour poser un pied à terre. Idem dans les pièces voisines.

Somaliens, Mongols, Arméniens...

Au 280, rue de Fougères, on croise des Somaliens, des Mongols, des Arméniens, des Congolais, des Kosovars, hommes et femmes, parfois enceintes. Et mêmes des enfants.

Agbar a planté sa tente il y a une semaine. Cet Arménien s’est installé avec sa femme et ses trois enfants. En balbutiant quelques mots d'anglais et d'espagnol, il raconte vouloir "obtenir un titre de séjour en France". En attendant, il projette, avec d’autres squatteurs, de s’attaquer au jardin. Il veut y cultiver des pommes de terre.

Impuissance des services de l'etat

Le Dal assure que lorsque la préfecture loge un demandeur d'asile, deux nouveaux venus arrivent. La fin de la trêve hivernale et la fermeture de nombreuses places d'hébergement d'urgence ont favorisé l'afflux de nouveaux squatteurs. « Le SAO, censé orienter les demandeurs d’asile, n’hésite plus à leur donner un plan pour se rendre ici », affirme Yannic Cottin, porte-parole de l’association.

Le Dal réclame que la préfecture respecte l’obligation légale de loger les demandeurs d'asile à la rue. Les services de l’Etat avouent leur impuissance. François Hamet, secrétaire général de la préfecture d'Ille-et-Vilaine a déploré sur Le Mensuel.com l’augmentation exponentielle du nombre de demandeurs d’asile à Rennes : « A ce rythme-là, nous ne pourrons jamais fournir des places de Cada pour tout le monde. »

Auteur : B.Keltz et R.Joly
  3 réactions
Journalisme ?

Le secrétaire général de la préfecture a annulé un débat prévu de longue date sur la situation des migrants en Ille-et-Vilaine, programmé sur Radio Bleu Armorique. Nadine Appéré, 1ére adjointe de la Ville de Rennes a déclaré elle aussi forfait.
Bien que cette même radio claironnait ne pas inviter le DAl35 et invitait les éventuels participants à ne surtout pas prononcer une quelconque adhésion ou sympathie pour cette association afin de ne pas déranger les bonnes consciences municipales et préfectorales.Quelle bravitude comme disait l'autre !
Mais le pire n'est pas toujours là où on le croit. Qu'une radio puisse prétendre informer sur un thème en omettant volontairement d'inviter un des principaux acteurs sur le sujet concerné pose véritablement question.
Tout comme cette reprise en boucle d'un bout de l'interview du Sieur Hamet qui, au demeurant comme le Mensuel devrait relire la définition de : exponentielle avant de l'utiliser ou la reproduire, puisque c'est avant tout une déclaration mensongère et scandaleuse de la part d'un représentant de l'État, quand celui-ci affirme ou sous-entend que la loi n'est pas ou ne sera pas respectée par ses services.
Xanadoo, Rennes 19 avril 2011, 16h48
On attend un mort?

La concentration de DA à Rennes est due essentiellement à la fermeture des points d'accueil des autres départements bretons. Il est ensuite facile de "déplorer la montée exponentielle des DA".
Cete montée, toute relative, était prévisible et les moyens et services ont été restreints à la préfecture (plus de trois mois d'attente pour simplement retirer un dossier de demandeur d'asile et tout est à l'avenant.
En attendant, les DA ont un toit, p^récaire certes, mais ne dorment plus à la rue avec armes, bagages et enfants. Faudra-t-il une catastrophe ou un drame pour que la préfecture se bouge (et aussi la mairie!)
Marcel, RENNES 19 avril 2011, 08h08
merci et m--de

Merci au mensuel de rennes pour la couverture médiatique que vous faîtes aux sans papier à Rennes, certains disent encore qu'ils ne savent pas ce qui se passe, ils doivent bien se fermer les yeux et se boucher les oreilles....Il y a urgence, un nouveau drame risque de se produire une nuit plus fraîche qu'une autre...monde de m---de
lo, 18 avril 2011, 20h57
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