Grosse journée pour les demandeurs d'asile du squat de la rue de Fougères, à Rennes, et les militants du Dal 35. A 6h ce lundi matin, les policiers ont délogé les 140 demandeurs d'asile qui occupaient, depuis février, au 280, rue de Fougères, un bâtiment ministériel inoccupé.
Ce lundi après-midi, les militants de l'association et une cinquantaine d’étrangers laissés sans solution de relogement par la préfecture ont investi le Centre départemental d'action sociale (CDAS), rue Kléber dans le centre-ville rennais. A 18 h, les forces de l'ordre sont à nouveau intervenu. Cette fois, l'intervention a été réclamée par le conseil général. François André, conseiller général et adjoint au maire de Rennes (PS), explique : "Nous ne pouvons pas laisser des personnes dans des bâtiments administratifs. Il y a du matériel et des documents confidentiels."
Delaveau fustige la politique nationale
L'intervention fait enrager les militants du Dal. A 17h, Daniel Delaveau, maire de Rennes, s'était fendu d'un communiqué pour dénoncer l'évacuation sollicitée par la préfecture. Il déplorait "avec la plus grande vigueur, cette politique inacceptable du gouvernement, qui bafoue le droit d'asile et rompt avec l’idéal républicain d’un pays" (lire ici)
Selon l'association Droit au logement, l'attitude de la municipalité rennaise serait aussi "condamnable" que celle de la préfecture. "La municipalité socialiste nous prouve que les biens matériels sont plus importants que des vies humaines. Il préfère laisser à la rue des dizaines de personnes plutôt que de leur trouver une solution !" La mairie rappelle toutes les actions effectuées, et ce "en dehors de toute compétence".
Ce lundi soir, l’association planche sur une solution d’hébergement de secours.

Par ailleurs, le Collectif de soutien aux personnes sans-papiers appelle à manifester ce mercredi à 13h30 Place du Parlement, pour la libération d'une personne arrêtée par la Police Aux Frontières lors de l'expulsion du squat.