"C'est au-delà de nos espérances". Julien Durand, un des porte-parole de l'Acipa, la plus grande association mobilisée contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, savoure. Pendant trois jours, les opposants se sont rassemblés sur le site où est prévue l'implantation d'un aéroport international, en remplacement de la plateforme aérienne nantaise, à trente kilomètres au nord de la cité ligérienne. Selon les organisateurs, 14 000 visiteurs ont participé aux festivités pendant les trois jours. Ils étaient 6000 samedi selon les militants, 3000 selon les gendarmes. Une fresque humaine de 4500 personnes a été réalisée ce dimanche matin.
"Engagement devant les journalistes"
Les opposants au projet voulaient alerter l'opinion publique, et en particulier les journalistes -"présents en nombre, notamment la presse nationale", selon Julien Durand. La stratégie suivie par les associations consiste à inscrire la "question Notre-Dame-des-Landes" dans le débat de la présidentielle 2012. La tournure politique prise par le rassemblement hier, samedi, a pleinement participé à cet objectif. Les médias nationaux, notamment audiovisuels, ont toutefois davantage relayé le rassemblement de façade des personnalités d'Europe Ecologie-Les Verts (Eva Joly, Cécile Duflot, Nicolas Hulot) avant le deuxième tour des primaires que le fond des débats sur l'aéroport. L'image de Nicolas Hulot recouvert d'épluchures après qu'un militant anti-aéroport lui ait renversé un seau de la mixture sur la tête a notamment fait le tour des journaux télévisés.
Pour Julien Durand, la venue des personnalités écologistes n'a pas éclipsé les arguments de fond contre l'aéroport. "Il n'a pas été question des primaires d'Europe Ecologie-Les Verts dans les débats sur le site. Il s'agissait uniquement d'évoquer le positionnement des partis politiques contre l'aéroport". Sur ce point, les militants marquent un point important. "L'engagement a été pris en public, devant les journalistes, qu'une alliance des écologistes avec les socialistes serait soumise à un abandon du projet." Pour autant, l'ancien agriculteur se refuse à parler de victoire : "On sait qu'en politique, rien n'est acquis tant que cela n'a pas été acté. Y compris avec Europe Ecologie-Les Verts".
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