Nouvelle phase dans la stratégie de communication des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En juillet, un grand rassemblement sur le site du projet avait attiré les médias nationaux : les caciques d'Europe Ecologie-Les Verts s'étaient engagés devant les journalistes à ne pas signer d'accord électoral avec les socialistes s'ils n'abandonnaient pas la construction de cet aéroport, qui doit remplacer l'actuelle plateforme nantaise à l'horizon 2017.
Ce dimanche, une vingtaine de tracteurs et 150 à 200 cyclistes ont pris la route en direction du Sénat à Paris pour une opération appelée "tracto-vélo". Dans la continuité de la manifestation estivale, ils entendent faire connaître le projet d'aéroport dans tout l'Hexagone. Ce lundi, six tracteurs et une soixantaine de cyclistes continuent le chemin. Ils doivent arriver samedi dans la capitale. Rendez-vous est pris à 10 h 30, porte d'Orléans, pour se diriger vers le sénat, où un meeting est prévu à partir de 11 h, jusqu'à la fin de l'après-midi.
"On connait NDDL à l'autre bout de la France"
"Depuis le rassemblement de cet été, notre mobilisation a pris une autre dimension, affirme Dominique Fresneau, coprésident de l'Acipa, la plus grande association mobilisée contre l'aéroport. Aujourd'hui, on connaît Notre-Dame-des-Landes à l'autre bout de la France".
Les militants entendent maintenant concrétiser cette montée en puissance sur le terrain politique avant l'élection présidentielle et les législatives : "Il faut donner le coup de grâce", jure Dominique Fresneau. Les premières dissensions sont apparues entre les cadres du Parti socialiste. Ségolène Royal et Arnaud Montebourg ont exprimé publiquement leur réserve sur le projet. Pour le Modem, François Bayrou s'est également opposé à l'aéroport. François Hollande, lui, a affirmé qu'il y était favorable.
Ce week-end, Eva Joly, la candidate d'EELV, a donné un ultimatum aux socialistes. "L'accord avec le PS doit intervenir avant notre conseil fédéral du 19 novembre. Au-delà du 19 novembre, il n'y a plus d'accord", a-t-elle affirmé sur France 3, en évoquant les négociations sur les législatives. Et de citer l'EPR de Flamainville, comme sujet numéro un des discussions. Dans Le Monde du 28 octobre, le négociateur du PS, Michel Sapin, avait affirmé, concernant Notre-Dame-des-Landes : "Je ne suis pas sûr que les écologistes feront capoter un accord national sur un enjeu régional".
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