Antonetti : "Nous sommes un vrai club formateur"
Avant le derby contre Brest, Frédéric Antonetti déplore de voir le Stade rennais placé sur un pied d'égalité avec Lille, Lyon, Marseille et Paris. Il estime qu'il faut prendre en compte la différence de moyens financiers et le travail de formation réalisé par le club.

Cinquième de Ligue 1, le Stade rennais taquine les ténors. Comme il l'a fait pendant une partie de la saison passée. "Nous avons un très bon groupe, jeune et qui vit bien, c'est à nous de les bousculer. Comme on l'a montré à Marseille ou à Lyon, nous n'avons rien à leur envier", formule Yann M'Vila avant la réception du Stade brestois.

Les Rouge et noir se sont pourtant inclinés devant l'OGC Nice, relégable, samedi dernier. "Ce qui s'est passé à Nice peut arriver car notre équipe manque d'expérience et parfois de régularité", analyse Frédéric Antonetti. Conséquence, donc, de la confiance faite aux jeunes joueurs. "Les deux tiers des joueurs de l'effectif n'avaient jamais joué en première division avant que j'arrive", rappelle le technicien.

Manque de reconnaissance

En conférence de presse, Frédéric Antonetti est longuement revenu sur ce constat. Il l'estime négligé par les observateurs : "Parfois j'enrage un peu quand on nous compare à des clubs comme Paris, Marseille, Lyon ou Lille. [...] Nous sommes un vrai club formateur et on nous demande les mêmes exigences qu'à ceux qui dépensent des millions d'euros, regrette-t-il. Je n'arrive pas à m'expliquer ce décalage, c'est quelque chose qui me gène vraiment dans l'analyse du Stade rennais."

L'équipe lance de nombreux jeunes, comme récemment Tongo Doumbia ou Chris Mavinga, sans être , d'après lui, reconnue pour ce travail. "Notre politique sportive de formation est très nette, très visible...et on n'en parle jamais."

L'Europe, obstacle aux titres pour Rennes?

La réaction du coach rennais repose sur l'assurance du potentiel de son effectif. "Si vous me dites que je garde la même équipe pendant trois ou quatre ans, je vous assure qu'il y aura beaucoup de titres."  Seul obstacle à cet hypothétique avenir, pour lui : "l'arrêt Bosman". Arrêt européen qui a ouvert en décembre 1995 les frontières aux travailleurs communautaires et libéralisé la circulation des joueurs européens, les plus brillants allant vers les clubs les plus fortunés. "L'Europe pour le travail en profondeur dans le sport est une catastrophe." Illustration : "Vous croyez qu'on va garder Yann M'Vila longtemps ? Alors que si on l'avait gardé jusqu'à 24-25 ans, nous nous donnions beaucoup plus de chances de gagner des titres, croyez-moi !"

Des tels propos ne sont-ils finalement pas qu'un discours de façade ? "Ce n'est pas un discours, c'est la réalité, s'emporte l'entraîneur. Notre discours est ambitieux, nous n'avons jamais caché que nous voulions nous frotter aux gros, mais ce n'est pas facile tous les jours."

Auteur : Nicolas Auffray
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