Situé au nord-ouest du bourg de Melesse, au cœur de la zone d’activité des Olivettes, un champ de panneaux photovoltaïques doit occuper 8,7 des 10,75 ha prévus à cet effet. La puissance installée doit atteindre 4,5 MWc (mégawatt-crête) pour une production estimée à 4 470 MWh, soit la consommation d'environ 800 foyers. En 2010, les élus locaux évoquaient une mise en service pour fin 2011 (lire Le Mensuel n°10).
Problème : Guillaume Leroy, responsable du projet pour la société VSB énergies nouvelles, évoque un « refus tacite » de la part de la préfecture. « Nous devions recevoir l’avis du préfet à compter du 25 décembre. Depuis, nous n’avons aucune nouvelle. On est dans l’expectative », poursuit le responsable de l’entreprise basée à Saint-Grégoire, spécialisée dans les énergies renouvelables.
"Une victoire " pour la FDSEA
Pour Daniel Cueff, président de la Communauté de communes du Val-d’Ille, « tout laisse à penser que Guillaume Leroy a raison. Le dossier est parfaitement légal. L’arrêt du projet est pour nous inenvisageable. C’est un événement extrêmement inattendu. » Daniel Cueff confirme que « le projet est actuellement suspendu ». L’élu compte organiser une conférence de presse dans une dizaine de jours afin d’exposer les suites à donner à cette affaire. Selon lui, l’opposition au projet de la FDSEA, prinicpal syndicat agricole, aurait porté ses fruits : « Le préfet dit : "Si la FDSEA s’y oppose, alors je m’y oppose." On ne laissera pas faire. » Il s'agirait, le cas échéant, d'un sérieux revers pour Daniel Cueff, qui s'est engagé dans un programme d'autonomie énergétique à l'horizon 2030.
Pour Benoît Champalaune, président des Jeunes agriculteurs (JA), liés à la FDSEA et fers de lance de l’opposition au projet, il s’agit d’une « victoire ». « On s’est porté contre le projet et avons fait part de nos doléances au commissaire enquêteur lors du dernier jour de l’enquête publique, le 24 septembre dernier. » Selon les JA, la priorité serait de couvrir les toits et parkings des supermarchés avec des panneaux photovoltaïques. « Il faut préserver les terres agricoles, préserver ce qui est notre outil de travail », ajoute Benoît Champalaune.
Dans une lettre adressée à Guillaume Leroy, le préfet justifie le refus de délivrer le permis de construire par la "faible rentabilité" du projet et la "consommation d'un espace agricole avec des terres de bonne qualité agronomique". Le préfet enterre probablement de manière définitive le projet de champ photovoltaïque dans la commune de Melesse.
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