Il évoque quoi, le cinéma belge ? Certains diront François Damiens dans Dikkenek, d’autres Benoît Poelvoorde dans C’est arrivé près de chez vous . Le mérite du festival Travelling, consacré cette année à Bruxelles, est de faire découvrir une création pas forcément connue du grand public dans l’Hexagone.
C’est le cas pour Fiona Gordon et Dominique Abel. Le duo présentera ses films et jouera les parrains du festival junior. Il s’en réjouit d’avance : « C’est une belle initiative. Quand je découvre l’ensemble de l’œuvre d’un artiste, j’ai l’impression de faire partie de sa famille », raconte Dominique.
Surréaliste et décalé
Et leur filmographie, là-dedans ? Leur univers est décalé, burlesque. « Buster Keaton, Charlie Chaplin ou encore Jacques Tati nous ont beaucoup influencés. » explique Dominique. Les thèmes abordent du « lourd » ? Le burlesque fait passer la pilule. Rumba parle ainsi d’un couple qui bat de l’aile, L’iceberg d’une femme quittant son foyer.
Glauque ? Dominique Abel nuance. « Si on montrait des gens pleins de fric et pour qui tout roule, ça ne serait pas intéressant. En revanche, un homme qui tombe et puis qui se relève, ça, c’est beau. C’est la profondeur humaine qui nous touche. » Leur arme, c’est la poésie et le comique. « On traite de la gravité des choses. L’humour c’est aussi le propre de l’homme. Le rire ça sert à vivre différemment les choses. »
Pour le festival junior, il leur a fallut choisir deux films à présenter. Une sélection vite opérée : « Le cirque, commente Dominique, parce que c’est le summum du burlesque drôle. Zazie dans le métro, parce qu’il fait écho à notre travail. Il y a une sorte de folie dans le film. C’est un peu comme un road movie et ça peut être intéressant pour les jeunes. »
Dix films en sélection
Le duo belge encadrera aussi les enfants membres du jury . Environ dix films sont en compétition. « Pour nous c’est un peu l’inconnu. On ne les a pas encore vus» s’amuse Dominique. Le palmarès reflètera leur univers : « C’est aussi ce qui a décidé le festival à nous choisir. Ce côté naïf et surréaliste, on l’a toujours eu. Il est en nous. »
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